Aqueduc du Gier : un vestige romain près de Lyon

Chef-d’œuvre d’ingénierie gallo-romaine, l’aqueduc du Gier alimentait Lyon en eau depuis les sources du Gier au IIᵉ siècle. Long de 86 km, il franchissait vallées et collines grâce à des ponts, tunnels et siphons ingénieux. Aujourd’hui, ses vestiges les mieux conservés se trouvent à Chaponost et Sainte-Foy-lès-Lyon. Entre randonnée, découverte historique et paysages, partons à la rencontre de ce patrimoine exceptionnel aux portes de Lyon.

Aqueduc du Gier à Chaponost sur le site du Plat de l’Air

Pour accéder à l’aqueduc du Gier depuis Lyon, prenez le métro ligne B jusqu’à la station « Oullins Gare SNCF », puis le bus ligne 12 en direction de Saint-Genis-Laval Hôpital Sud. Les bus circulent environ toutes les 30 minutes en journée. Descendez à l’arrêt « Chaponost Les Vergers », à proximité d’un rond-point, puis suivez la rue du Docteur Pénard sur 400 m pour rejoindre l’aqueduc.

👉 Horaires de bus de la ligne 12
(Sélectionnez « Ligne de bus » puis cliquez sur 12″)

Les amateurs de marche peuvent emprunter le GR 89 – le chemin de Montaigne – qui mène à l’aqueduc de Beaunant, situé à 2,6 km. Sinon, revenez à l’arrêt précédent pour prendre le bus ligne 12 dans l’autre sens et descendez à l’arrêt « Aqueducs de Beaunant », l’aqueduc étant sur la gauche.

👉 Découvrez le tracé complet de l’itinéraire à pied sur Openrunner.

Panneau de signalisation à Plat de l'Air pour les GR 89 et 169

Pour le retour vers Oullins gare SNCF, reprenez simplement le bus ligne 12 depuis l’arrêt « Aqueducs de Beaunant ».

C’est parce que la ville de Lyon ne cessait de s’agrandir qu’il fallut trouver des solutions pour l’alimenter en eau. Il y avait bien la Saône et la Rhône à proximité mais les Romains ne disposaient pas de systèmes de pompe pour remonter l’eau sur les hauteurs. Ainsi 4 aqueducs furent construits dont le plus long , celui du Gier qui serait daté du début 2e siècle après J.-C..

Cet aqueduc, utilisé pendant environ un siècle, captait l’eau du Gier, près de Saint-Chamond, et l’acheminait jusqu’au sommet de la colline de Fourvière grâce à la gravité, sur un parcours d’environ 86 km.

L’aqueduc du Gier présente un dénivelé de 105 m entre son point de départ et son arrivée, soit une pente moyenne de 1 mm par mètre, permettant un écoulement optimal de l’eau. Cette précision évitait l’érosion du conduit (écoulement trop rapide) ou le dépôt de sédiments (écoulement trop lent). Pour maintenir cette pente constante, le tracé suivait les courbes de niveau, d’où sa forme sinueuse plutôt que rectiligne.

Bien qu’enterré sur plus de 95 % de son parcours, l’aqueduc devait s’adapter au relief. Il empruntait des tunnels, des ponts (une trentaine recensés) et des syphons pour franchir les vallées. Quatre syphons utilisaient le principe des vases communicants : un réservoir de chasse alimentait une série de tuyaux en plomb descendant au fond de la vallée, avant de remonter de l’autre côté. L’eau arrivait ainsi sous pression dans un réservoir de fuite situé à une hauteur inférieure au réservoir de chasse.

Le débit moyen de l’aqueduc du Gier était estimé à 15 000 m³ par jour.

Les deux plus importants vestiges de l’aqueduc sont visibles :

  • sur le site du Plat de l’Air dans la commune de Chaponost
  • dans la vallée du l’Yseron dans la commune de Sainte Foy les Lyon

A chaque fois, on peut voir qu’il était conçu avec un appareil réticulé qui sont des rangées de pierres taillés en losange séparées par des arases de briques.

Détail d'une pile de l'aqueduc du Gier montrant le parement réticulé et les arases de briques

Arches de l'aqueduc du Gier à Chaponost ayant bien conservé le parement réticulé

Sur ce site, vous pouvez admirer 72 arches sur les 92 initialement édifiées par les Gallo-Romains. Il s’agit de la plus longue file d’arches visible en France sur 560 m. L’ouvrage se termine par le réservoir de chasse et le rampant, qui marque le début de la pente pour l’eau traversant la vallée.

Files d'arches de l'aqueduc du Gier sur le site de Plat de l'Air à Chaponost

Deux arches de l'aqueduc du Gier à Chaponost sur le site du Plat de l'Air

Quatre arches de l'aqueduc du Gier à Chaponost sur le site du Plat de l'Air

Réservoir de chasse de l'aqueduc du Gier à Chaponost avec le début du rampant qui mène au pont syphon de la vallée du l'Yseron
Réservoir de chasse et rampant

Pour franchir une vallée de près de 3 km de largeur et d’une dénivellation de 140 m, les Gallo-Romains ont construit le pont siphon de Beaunant, long de 270 m et haut de 17 m. 15 piles subsistent encore, certaines pleines et d’autres creuses ou comblées, témoignant de la complexité de cette technique hydraulique.

Vue du pont syphon de Beaunant de l'aqueduc du Gier depuis le côté ouest de la vallée du L'Yseron

Vue de la pile comblée de l'une des deux arches centrales du pont syphon de Beaunant de l'aqueduc du Gier

Vue des deux arches centrales du pont syphon de Beaunant au fond de la vallée du L'Yseron

Vue du pont syphon de Beaunant de l'aqueduc du Gier depuis le côté est de la vallée du L'Yseron

Bonne découverte !

Pour prolonger votre découverte dans la région, n’hésitez pas à consulter mes autres articles de blog :

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Visiter la cité médiévale de Pérouges

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