Situé au cœur de Paris, le 3ᵉ arrondissement comprend une partie du Marais, qu’il partage avec le 4ᵉ arrondissement. Lors de cette balade, on découvre un entrelacement de rues étroites bordées de très beaux hôtels particuliers, dont plusieurs ont été transformés en musées (hôtels Carnavalet, de Soubise, Donon, Salé, etc.). Certaines églises abritent également des œuvres d’art intéressantes, comme Saint-Denys du Saint-Sacrement ou Saint-Nicolas-des-Champs. Enfin, pour les passionnés d’inventions techniques, le Conservatoire des Arts et Métiers constitue une étape incontournable.
👉 Consulter le plan détaillé du 3ᵉ arrondissement de Paris
Infos pratiques
Balade dans le 3ème arrondissement de Paris
- Distance : 5 km
- Durée : 2h à 3h selon les visites
- Départ : Saint-Paul
- Arrivée : Place de la République
- Difficulté : facile, entièrement à pied
- Musées gratuits : Carnavalet, Cognacq-Jay (collections permanentes)
👉 Consulter la carte interactive de la balade dans le 3ᵉ arrondissement de Paris
Le plan ci-dessous permet de visualiser l’itinéraire et de le suivre directement sur smartphone.
Les différents points numérotés correspondent aux sections de l’article.
Cette balade urbaine peut se faire d’une traite ou par étapes, selon le temps dont vous disposez.
De nos jours, lorsqu’on se promène dans le Marais, il est difficile d’imaginer que, dans les années 60, le quartier a failli disparaître car il était laissé à l’abandon. C’est André Malraux, dont la loi porte le nom, qui permit son classement en « secteur sauvegardé » en 1964. Progressivement, les hôtels particuliers construits entre le 16ème et le 17ème siècle furent restaurés. On en dénombre aujourd’hui plus de 200, formant l’un des plus remarquables ensembles de ce type conservés en France.
Le nom de « Marais » rappelle qu’ici s’étendaient autrefois des terres cultivées par des maraîchers. Mais lorsque les rois, notamment à partir de Charles V au 14ème siècle, installent leur résidence dans ce secteur, la noblesse les imite et l’endroit devient progressivement un lieu de prestige.
📍 La sortie de la station de métro Saint-Paul marque le point de départ de la balade
1 – Le musée Carnavalet :
Pourquoi s’arrêter au n°23 de la rue Sévigné ?
⭐ Pour comprendre l’histoire de Paris à travers l’un des plus beaux hôtels particuliers du Marais.
Un peu d’histoire :
Il réunit 2 hôtels particuliers :
- l’Hôtel Carnavalet qui a été construit entre 1548 et 1560 et remanié par François Mansart vers 1660. Mme de Sévigné y a vécut de 1677 jusqu’à sa mort en 1696. La Ville de Paris l’a acquis en 1866 pour le transformer en musée (inauguration en 1880).
- l’Hôtel Le Peletier de Saint Fargeau qui a été construit entre 1688 et 1692. Acquis par la Ville de Paris en 1895, il est affecté à l’agrandissement du musée Carnavalet à partir de 1989.
Il retrace l’histoire de Paris et des Parisiens des origines au début du 20ème siècle. On peut y voir, entre autres, des restes de barques datant de 4800 – 4300 avant J.-C. retrouvées lors de fouilles entreprises en 1991 près de Bercy, le beau portrait de Mme Récamier, la chambre reconstituée de Marcel Proust avec le lit dans lequel il a écrit la plus grande partie de son oeuvre « A la Recherche du Temps Perdu », le décor de la bijouterie Fouquet réalisé par Alfons Mucha, etc….
💡 Bon à savoir : le musée est gratuit.
👉 Pour plus d’informations sur le musée Carnavalet, consultez le site officiel.
Comment y accéder : la station « Saint-Paul » est desservie par la ligne n°1.


2- Eglise Saint-Denys du Saint-Sacrement :
Pourquoi s’arrêter au n°68 ter de la rue de Turenne ?
⭐ Pour admirer un chef-d’œuvre de Delacroix dans une église néo-classique méconnue.
Un peu d’histoire :
De style néo-classique, la construction de cette église s’est étalée de 1826 à 1835.
A l’intérieur, on peut y admirer un tableau du peintre Eugène Delacroix : la Pietà, dite aussi « Déposition de la Croix » (1844).


3 – L’Hôtel Salé :
Pourquoi s’arrêter au n°5 de la rue Thorigny ?
⭐ Pour découvrir le plus grand hôtel particulier du Marais et le musée Picasso.
Un peu d’histoire :
Construit entre 1656 et 1659 grâce à une taxe sur le sel, la gabelle, il s’agit du plus grand hôtel particulier du Marais. Depuis 1985, il abrite le musée Picasso.
👉 Pour plus d’informations sur le musée Picasso, consultez le site officiel

4 – Le square Georges Caïn et l’Institut suédois :
- Le square Georges Caïn
Pourquoi s’arrêter au n°8 de la rue Payenne ?
⭐ Pour faire une pause au calme au cœur du Marais, entre sculptures et vestiges lapidaires.
Un peu d’histoire :
Bordé au nord et à l’est par l’hôtel Le Pelletier de Saint-Fargeau et son orangerie, l’endroit pourrait être romantique avec son dépôt lapidaire provenant du musée Carnavalet s’il n’était pas devenu un parc à chiens ! Au milieu, on peut y voir une œuvre d’Aristide Maillol, l’Ile-de-France ou la statue d’une femme nue.


- L’Institut suédois
Pourquoi s’arrêter au n°11 de la rue Payenne ?
⭐ Pour découvrir un hôtel particulier Renaissance abritant un centre culturel nordique original.
Un peu d’histoire :
Il occupe l’Hôtel de Marle. Construit en 1572, il était complètement délabré lorsque l’état suédois l’a racheté en 1965 pour le transformer en centre culturel. A l’intérieur, il y a une magnifique charpente en carène de bateau renversé dite à la Philibert Delorme.
👉 Pour plus d’informations sur l’Institut suédois, consultez le site officiel

5 – Le musée Cognacq-Jay :
Pourquoi s’arrêter n°8 de la rue Elzevir ?
⭐ Pour voir gratuitement une remarquable collection d’art du XVIIIᵉ siècle dans un hôtel particulier.
Un peu d’histoire :
Construit vers 1575, l’hôtel Donon est acquis par la Ville de Paris en 1974, avant d’être transformé en musée en 1990. Il abrite aujourd’hui la collection d’œuvres d’art du 18ème siècle réunie par les époux Cognacq-Jay, qui l’ont léguée à la municipalité. Fondateurs du grand magasin La Samaritaine, ils avaient fait fortune dans le commerce de vêtements.
💡 Bon à savoir : l’accès aux collections permanentes est généralement gratuit, mais peut devenir payant lors des expositions temporaires.
👉 Pour plus d’informations sur le musée Cognacq-Jay, consultez le site officiel

Façade de l’Hôtel Denon vue depuis le jardin Lazare Rachline (9 rue Payenne)

🚶 La rue des Francs-Bourgeois, jalonnée de remarquables hôtels particuliers, marque la frontière entre les 3ᵉ et 4ᵉ arrondissements.
👉 Je vous propose aussi une balade dans le 4ᵉ arrondissement de Paris.
À voir en chemin :
- L’impasse des Arbalétriers ( 38 rue des Francs-Bourgeois) : les maisons en encorbellement datent de 1620.

- La tourelle de l’Hôtel Hérouet : située à l’angle des rues Vieille du Temple et des Francs-Bourgeois, c’est un vestige de l’hôtel particulier construit pour Jean Herouet au début du 16ème siècle.

🚇 Accès : métro Hôtel de Ville (lignes n°1 et 11)
6 – L’Hôtel de Soubise :
Pourquoi s’arrêter au n°60 de la rue des Francs-Bourgeois ?
⭐ Pour admirer l’un des plus somptueux hôtels particuliers du Marais et ses salons rococo.
Un peu d’histoire :
A cet emplacement, Olivier de Clisson avait fait élever un hôtel particulier à la fin du 14ème siècle. Puis, en juin 1533, la famille des Guise le racheta et fit tout démolir sauf la porte qui est encore visible dans la rue des Archives. En 1700, ce fut François Rohan-Soubise qui l’acquit et qui le fit transformer entre 1704 et 1708. Son fils, Hercule-Meriadec, décida de faire réaménager les appartements vers 1735 en confiant la décoration intérieure à l’architecte Germain Boffrand qui utilisa le style dit » rocaille » (ou » rococo » ) tout en faisant appel à des peintres tels Boucher, Natoire et Van Loo.
L’Hôtel de Soubise fut affecté par Napoléon Ier aux Archives nationales en 1808 et, depuis 1867, il abrite le musée d’Histoire de France. La cour d’honneur mesure 62 m de long et est entourée d’un péristyle à double colonnade.
Voisin de l’Hôtel de Soubise, l’Hôtel de Rohan construit de 1705 à 1708 à la demande d’un autre fils du prince François, Armand-Gaston, fut, lui aussi, affecté aux Archives nationales à partir de 1928.
💡 Bon à savoir : l’accès est gratuit.
👉 Pour plus d’informations sur le musée des Archives Nationales, consultez le site officiel




Il faut absolument en profiter pour visiter les jardins des Archives nationales en empruntant la ruelle de la Roche. Celle-ci relie le jardin de la cour de l’hôtel de Soubise à celui de l’hôtel de Rohan, tout en longeant les jardins d’Assy, de Breteuil et de Jaucourt, soit près de 8 000 m² de verdure.
👉 Informations pratiques sur les jardins des Archives nationales



Porte d’entrée de l’hôtel de Clisson donnant sur la rue des Archives
🚇 Accès : métro Rambuteau (ligne 11) ou Hôtel de Ville (lignes n°1 et 11)
7 – Musée Juif de l’Art et l’Histoire (majh) :
Pourquoi s’arrêter au n°71 de la rue du Temple ?
⭐ Pour explorer l’histoire et la culture juives dans un élégant hôtel particulier du XVIIᵉ siècle.
Un peu d’histoire :
Construit entre 1644 et 1650, l’hôtel Saint-Aignan est remanié à la fin du XVIIᵉ siècle par le duc de Saint-Aignan après en avoir fait l’acquisition. Devenu propriété de la Ville de Paris en 1962, il est transformé en musée, ouvert au public en 1998.
💡 Bon à savoir : l’accès à la cour d’honneur est libre, sous réserve de passer le contrôle de sécurité.
👉 Pour plus d’informations sur le musée d’art et d’histoire du Judaïsme, consultez le site officiel

8 – La plus ancienne maison de Paris :
Pourquoi s’arrêter au n°51 de la rue de Montmorency ?
Pour découvrir la plus ancienne maison conservée de Paris, construite en 1407, dont le nez de chaussée est aujourd’hui occupé par un restaurant.
💡 Anecdote : Nicolas Flamel est une figure mythique associée à l’alchimie et à la légende de la pierre philosophale.


🚇 Accès : métro Arts et Métiers (lignes n°3 et 11) ou Réaumur Sébastopol (lignes n°3 et 9)
9 – Le passage de l’Ancre (fermé le week end) :
C’est un lieu pittoresque long d’une soixantaine de mètres, étroit et bien végétalisé qui relie le n°221 rue Saint-Martin au n°30 de la rue de Turbigo.
Comment y accéder : les stations « Arts et Métiers » (lignes n°3 et 11) ou Réaumur Sébastopol (lignes n°3 et 9)


10 – L’église Saint-Nicolas-des-Champs :
Pourquoi s’arrêter au n°254 de la rue Saint-Martin ?
⭐ Pour admirer une église gothique et Renaissance riche en œuvres d’art remarquables.
Un peu d’histoire :
Sa construction s’est étalée du 15ème au 17ème siècle.
A voir à l’extérieur, sa façade occidentale de style gothique flamboyant et le petit portail de style renaissance inspiré d’un travail de Philibert Delorme sur le côté sud.
A voir à l’intérieur, de nombreuses oeuvres d’art :
- le magnifique retable de l’Assomption de la Vierge réalisé en 1629 par Simon Vouet qui décore le fond du choeur.
- un triptyque du 16ème et 17ème siècle divisé en 3 panneaux (le portement de croix, le calvaire et la descente de croix) dans une chapelle latérale côté nord.
- une « Piéta » du peintre Georges Lallemand (1620-22), etc …
💡 Bon à savoir : la paroisse est animée par la Communauté de l’Emmanuel et tous les jeudis à 18h00 a lieu la prière de la guérison.



🚇 Accès : métro Arts et Métiers (lignes n°3 et 11) ou Réaumur Sébastopol (lignes n°3 et 9)
11 – Le musée des Arts et Métiers :
Pourquoi s’arrêter au n°60 de Réaumur ?
⭐ Pour découvrir les grandes inventions scientifiques et techniques dans un ancien prieuré médiéval.
Un peu d’histoire :
Créé en le 10 octobre 1794, son objectif était de conserver les outils et les machines nouvellement inventées afin de promouvoir le progrès technique. Depuis, c’est devenu un musée qui retrace l’histoire des sciences et des techniques de la Renaissance à nos jours.
Il est installé dans l’ancien prieuré de Saint-Martin des Champs construit à la fin du 11ème siècle et fermé lors de la Révolution.
On peut y voir, entre autres, les avions de Clément Ader (le premier qui vola quelques secondes) et de Louis Blériot (celui avec lequel il traversa pour la première fois la Manche) ou le fardier de Cugnot. Dans l’ancienne église datant du 13ème siècle, le pendule de Foucault est là pour démontrer la rotation de la terre.
👉 Pour plus d’informations sur le musée des arts et métiers, consultez le site officiel

🚇 Accès : métro Arts et Métiers (lignes n°3 et 11) ou Réaumur Sébastopol (lignes n°3 et 9)
🚶 En passant par la rue Volta, vous apercevrez au n°2 une maison à pans de bois longtemps considérée comme la plus ancienne de Paris. Il s’agit en réalité d’une fausse maison médiévale, dont l’origine remonte toutefois au début du 17ème siècle, autour de 1607.

12 – Le marché des Enfants Rouges :
Pourquoi s’arrêter au n°39 de la rue de Bretagne ?
⭐ Pour se restaurer dans le plus ancien marché couvert de Paris, aux saveurs du monde entier.
Un peu d’histoire :
C’est le plus ancien marché de Paris puisqu’il date de 1615. Couvrant une surface de 2 000 m2, on y trouve des produits frais mais, surtout, il offre la possibilité de se restaurer en goûtant des nourritures du monde entier.
Ouverture du mardi au samedi de 8h30 à 19h30 et le dimanche de 8h30 à 14h00.
Anecdote : son nom vient de l’orphelinat voisin dont les enfants portaient des habits rouges au XVIIᵉ siècle.

🚇 Accès : métro Filles du Calvaire (ligne 8).
13 – Le square du Temple – Elie Wiesel :
Pourquoi s’arrêter ici ?
⭐ Pour se détendre dans un jardin haussmannien agréable avec sa mare aux canards et son kiosque à musique.
Un peu d’histoire :
Aménagé en 1857 lors des grands travaux du baron Haussmann, il occupe l’emplacement de l’ancienne forteresse des Templiers.

🚇 Accès : métro Temple (ligne 3).
14 – ️Eglise Sainte-Élisabeth de Hongrie :
Pourquoi s’arrêter au n°195 de la rue du Temple ?
⭐ Pour découvrir de remarquables bas-reliefs en bois sculpté du XVIᵉ siècle, installés dans une église largement méconnue des touristes.
Un peu d’histoire :
Édifiée entre 1628 et 1646 puis remaniée au 19ème siècle, l’église Sainte-Élisabeth-de-Hongrie abrite depuis 1845 un ensemble exceptionnel de cent bas-reliefs en bois sculpté de facture flamande du 16ème siècle, visibles tout autour du déambulatoire.


15 – Place de la République :
📍 Vous voici arrivé au terme de la balade.
Un peu d’histoire :
En 1854, le Baron Haussmann fait aménager la place du Château d’Eau dans sa configuration actuelle. En 1879, elle est rebaptisée « place de la République ». En son centre, le monument symbolisant la République, haut de 25 mètres, est inauguré le 14 juillet 1883.

🚇 Accès : métro République (lignes 3, 5, 8, 9 et 11).
Que voir dans le 3ème arrondissement de Paris ? Vous le savez maintenant. Bonne visite !
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