Visiter Gisors : les lieux incontournables à découvrir dans l’Eure


Située aux confins du Vexin et de l’Ile de France, Gisors a joué un rôle stratégique important lors de la rivalité opposant le duché de Normandie et le royaume de France durant le Moyen Age. De cette période mouvementée, il reste un magnifique donjon entouré d’une chemise juché sur sa motte castrale. Ce monument justifie à lui seul l’intérêt d’une visite de la ville quand on s’intéresse aux châteaux forts. Mais Gisors possède aussi d’autres richesses patrimoniales telle que la collégiale Saint-Gervais-Saint-Protais qui réserve de belles surprises lorsqu’on découvre les œuvres qu’elle abrite. Alors, si vous cherchez une destination à découvrir proche de Paris, n’hésitez pas à partir visiter Gisors, dans l’Eure.

Le donjon du château de Gisors entouré de sa chemise au sommet de la motte castrale dans l'Eure
Le donjon sur la motte castrale

Voici les solutions pratiques pour rejoindre Gisors quand on n’a pas de voiture :

Depuis Paris Saint-Lazare, le Transilien (ligne J) permet de rejoindre Gisors en 1 h 10 à 1 h 20 pour un trajet de 68 km.

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Il existe aussi une application gratuite « SNCF » pour les smartphones avec laquelle vous disposez des horaires de train en temps réel ainsi que des informations sur les incidents importants qui impactent le trafic.

Le covoiturage est une bonne option pour se déplacer.

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Si vous souhaitez visiter Gisors, voici tout ce qu’il faut savoir pour profiter pleinement de votre séjour : plans de la ville, marchés, spécialités locales, bonnes adresses où manger et météo.

L’office de tourisme se trouve au n°1 du passage du Monarque qui permet d’accéder au château, à 1,1 km à pied de la gare SNCF.

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Une demi-journée suffit pour découvrir la ville.

J’utilise Booking.com pour repérer des hébergements qui me plaisent, puis je contacte directement l’établissement (hôtel, chambre d’hôtes, etc.) pour leur demander s’ils proposent un meilleur tarif en réservant en direct, sans passer par la plateforme, ce qui évite le paiement de la commission !

Il a lieu tous les vendredis et dimanches matin sur la place des Carmélites.

S’il n’existe pas de spécialité propre à Gisors, vous pourrez découvrir les produits du terroir du Vexin et de la Normandie, tels que le Neufchâtel, la tarte normande, le cidre, le poiré ou encore le Calvados.

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A la sortie de la gare, suivez le balisage rouge et blanc du GR pour vous diriger vers le centre-ville.

C’est la première curiosité que vous verrez. Bâti sur les bords de l’Epte, sa charpente en poutres est surmontée d’une toiture en ardoise. Son origine remonte au 15e siècle.

Le lavoir du XVe siècle de Gisors sur les rives de l'Epte dans l'Eure

L’office de tourisme se trouve dans le passage du Monarque, au pied de l’entrée principale du château. En gravissant les quelques marches, vous traversez la barbacane, dominée par la tour dite du Prisonnier, avant de pénétrer dans l’ancienne basse-cour. Aujourd’hui, elle est aménagée en parc et est accessible librement tous les jours. Elle fait le tour de la motte castrale.

💡 Bon à savoir : le donjon, la tour du Prisonnier, les caves creusées sous la motte féodale et la haute cour ne se découvrent que dans le cadre d’une visite guidée d’une durée d’environ 1 h 30, organisée de mars à octobre. L’ascension des 90 marches du donjon permet d’accéder à la plateforme sommitale, d’où le panorama s’étend jusqu’à 20 km à la ronde.

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Un peu d’histoire :

Le donjon remonte au début du 12e siècle. Construit en pierre vers 1123 sur la motte castrale, il fut ensuite rehaussé sous Henri II Plantagenêt.

Après la conquête de Gisors par Philippe Auguste en 1193, la forteresse fut renforcée avec la construction de la barbacane et de la tour du Prisonnier. Haute de 28 m et large de 14 m de diamètre, cette dernière possède des murs atteignant 4 m d’épaisseur. A l’intérieur, les graffitis sur les murs sont rattachés à une légende, celle du prisonnier qui les aurait tracés avec un clou arraché à la porte. En réalité, ces gravures datent du 16e siècle et non du 13e siècle.

La porte de la Ville à l'entrée du château de Gisors dans l'Eure
Porte de la Ville et, à gauche, la fausse braie

Le donjon du château de Gisors entouré de sa chemise sur la motte castrale dans l'Eure
Le donjon entouré par une chemise

La porte du Gouverneur du château de Gisors dans l'Eure
La porte du Gouverneur et, à gauche, la tour du Prisonnier

La tour du Prisonnier du château de Gisors vue depuis les remparts
La tour du Prisonnier

Pour voir l’enceinte côté extérieur, on peut se promener dans les douves sèches qui sont accessibles depuis la place du château ou en empruntant un chemin qui part à proximité du vieux lavoir, rue des Argillières.

Elle a été édifiée entre le 13e et le 16e siècle, d’où la présence de plusieurs styles architecturaux : roman, gothique et renaissance. Ainsi, le chœur est caractéristique du gothique rayonnant du 13e siècle, la nef du gothique flamboyant, tandis que la façade occidentale relève de la Renaissance.

Ses dimensions en quelques chiffres : 70 mètres de longueur et 24 mètres de hauteur sous les voûtes.

A ne pas rater à l’intérieur :

  • des fragments du jubé exposés dans la chapelle de la Tour Nord
  • le retable de la descente de croix (milieu 16e siècle)
  • le vitrail du martyre de saint-Crépin et saint-Crépinien (patrons des cordonniers) créé vers 1530
  • trois peintures murales du 16e siècle
  • dans la chapelle de la Vierge, une peinture sur verre en grisaille de style maniériste, réalisée en 1545
  • dans la chapelle Saint-Clair (ou Saint-Clerc), un haut-relief représentant un cadavre décomposé ou transi (vers 1526) accompagné d’un texte en latin.
  • dans la tour du Rosaire (ou grosse tour) :
    • un superbe haut-relief représentant un Arbre de Jessé (1585-1591), l’un des plus beaux que j’ai eu l’occasion d’admirer
    • un escalier à vis de style Renaissance (vers 1570) qui permet d’accéder à l’orgue.

Le portail Renaissance de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors dans l'Eure
Le portail occidental

Les voûtes gothiques du bas-côté nord  de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors
Voûtes gothiques du bas-côté nord

Le vitrail du martyre de saint Crépin et saint Crépinien dans l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors
Le vitrail du martyre de saint Crépin et saint Crépinien

Le vitrail en grisaille de la chapelle de la Vierge dans l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors
Vitrail en grisaille de la vie de la Vierge datée vers 1545

Le transi sculpté dans la chapelle Saint-Clair de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors
Le transi

L'Arbre de Jessé sculpté dans l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors
L’Arbre de Jessé

On peut encore en voir dans les rues de Cappeville et de Vienne ainsi que dans le passage du Monarque qui était le principal accès au château au 12e siècle. La plupart d’entre elles datent du 15e et 16e siècles et ont eu la chance d’échapper aux destructions de la Seconde Guerre Mondiale.

Maisons à pans de bois dans la rue de Cappeville à Gisors
Rue de Cappeville

Maisons à pans de bois dans la rue de Vienne à Gisors
Rue de Vienne

Maison à pans de bois des XVe et XVIe siècles à Gisors
Rue de Vienne

Le passage du Monarque bordé de maisons à pans de bois à Gisors
Le passage du Monarque

La Cascade, ancienne chute d'eau du moulin sur l'Epte à Gisors

Surnommée « la Cascade » par les Gisorsiens, cette chute d’eau aménagée sur l’Epte est le dernier vestige de l’ancien moulin de Gisors.

Situé au n°11 de la rue de Preslay, il s’agit d’un petit bâtiment daté entre 1540 et 1580 mais dont on ne connaît pas la raison pour laquelle il a été bâti ni même s’il s’est toujours trouvé là.

Elle se trouve à environ 1 km à pied de l’office de tourisme.

C’est le seul vestige qui nous reste de la léproserie fondée en 1210 par Jean de Gisors. L’édifice se compose d’une partie en pans de bois et l’autre en maçonnerie. A l’intérieur, l’artiste Dado y a peint une fresque en 1999 sur le thème du « Jugement dernier ».

💡 Bon à savoir : il est possible de la visiter chaque troisième dimanche du mois, de mai à octobre, ainsi qu’à l’occasion des Journées européennes du patrimoine et des Journées européennes de l’archéologie.

A la création du duché de Normandie, en 911, c’est la rivière Epte qui va servir de frontière avec le royaume de France et couper en deux le Vexin.

  • 1096 : Guillaume le Roux, fils cadet de Guillaume le Conquérant, confie la construction d’un château à Gisors au baron Robert de Bellême. Ce dernier fait élever une motte castrale d’une hauteur de 15 m sur laquelle les travaux du donjon et de la chemise seront achevés en 1106.
  • 1119 : rencontre à Gisors entre le roi de France Louis VI et le duc de Normandie Henri Ier Beauclerc, troisième et dernier fils de Guillaume le Conquérant, pour faire la paix.
  • 1122 : un incendie dévaste la ville.
  • 1123 : Henri Ier Beauclerc fait construire la grande enceinte extérieure.
  • 1128 : la fille de Beauclerc, Mathilde l’Emperesse, épouse le comte d’Anjou, Geoffroy Plantagenêt.
  • 1158 à 1160 : la garde du château est confiée à l’Ordre des Templiers.
  • 1161 à 1184 : Henri de Plantagenêt fait renforcer les défenses du château, rehausser le donjon et construire un logis seigneurial.

Il est aussi à l’origine de la première enceinte urbaine de Gisors dont une partie longe l’Epte.

  • 12 avril 1193 : profitant du fait que Richard Cœur de Lion soit prisonnier en Terre sainte, le roi Philippe Auguste s’empare de Gisors; il fera effectuer des travaux dans le château.
  • 15 janvier 1196 : le traité de Gaillon instaure la paix entre les deux royaumes tout en reconnaissant la conquête de Gisors et du Vexin normand; cependant, Philippe Auguste reprendra les hostilités en avril.
  • 28 avril 1202 : Philippe Auguste déchoit Jean sans Terre de la Normandie.
  • 6 mars 1204 : après la prise de Château Gaillard et la reddition de Rouen le 1er juin, le roi de France, Philippe Auguste, rattache la Normandie à son royaume.

Le château de Gisors perd donc toute valeur stratégique. Il sert de prison pour les Templiers. Le grand maitre Guy de Molay y est détenu en 1314. C’est là l’origine de la légende du trésor des Templiers caché dans les souterrains du château.

  • Au début du 13e siècle, Gisors devient le siège d’un bailliage.
  • 31 août 1419 : début du siège des Anglais qui vont rentrer dans la ville le 18 septembre et dans le château trois jours plus tard (guerre de Cent Ans).
  • 18 octobre 1449 : Richard Merbury, capitaine de Gisors, rend la ville au roi de France, Charles VII.

Après la guerre de Cent Ans, une seconde enceinte urbaine est édifiée.

1599 : le château est déclassé des sites militaires français et son démantèlement débutera en 1605.

  • 1868 : arrivée du train à Gisors.
  • 7 juin 40 : bombardement allemand qui va provoquer des incendies qui vont durer trois jours et détruire près de la moitié de la ville. Parmi les ruines, seule la cathédrale reste debout dans le vieux centre médiéval.
  • 30 août 1944 : Gisors est libérée des Allemands.

En 2026, Gisors compte environ 12 000 habitants.

Bonne visite

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