Vous vous demandez que voir dans le 2e arrondissement de Paris ? Ce quartier abrite la plus forte concentration de passages couverts de la capitale, du plus populaire au plus chic, ce qui fait toute sa singularité.
C’est là aussi que se trouve la Bibliothèque nationale de France, avec ses incroyables salles de lecture et son magnifique musée.
C’est tout cela que vous découvrirez au fil de cette balade à pied d’environ 5 kilomètres, ainsi que bien d’autres lieux passionnants et remarquables.
👉 Consultez le plan du 2e arrondissement de Paris
Infos pratiques
Balade dans le 2e arrondissement de Paris
- Distance : 4,8 km.
- Durée : 2 à 4 heures selon le temps passé dans les monuments visités, en particulier à la BnF – site Richelieu
- Départ : Grands Boulevards (lignes 8 et 9)
- Arrivée : Bourse (ligne 3)
- Difficulté : facile, parcours entièrement à pied.
- Transports : métro (lignes 3, 8 et 9)
- A privilégier : en semaine, pour profiter pleinement de l’animation de la rue Montorgueil lorsque les commerces sont ouverts, ainsi que des passages couverts, dont certains ferment le week-end.
👉 Consultez la carte interactive de la balade dans le 2e arrondissement de Paris
Le plan ci-dessous permet de visualiser l’itinéraire et de le suivre directement sur smartphone.
Les différents points numérotés correspondent aux sections de l’article.
Cette balade urbaine peut se faire d’une traite ou par étapes, selon le temps dont vous disposez.
📍 Notre itinéraire débute à la sortie de la station de métro « Grands Boulevards », sur le boulevard Montmartre, en face du musée Grévin qui se trouve dans le 9e arrondissement.
1 – Le passage des Panoramas
Ouvert en 1799, c’est le plus ancien passage couvert de Paris encore en activité. On peut passer devant l’entrée du 11 boulevard Montmartre sans la remarquer et pourtant c’est un endroit qu’il faut voir, car c’est un peu l’ancêtre des galeries commerciales d’aujourd’hui.
C’est ici que les gens déambulaient au 19e siècle, au milieu des boutiques, des cafés et des restaurants, à l’abri de la pluie et de la boue des rues.
De nos jours, cette animation est toujours là, bien que l’environnement ait changé. L’endroit concentre plusieurs boutiques de philatélistes et de cartes postales anciennes, mais aussi des restaurants proposant des cuisines du monde entier.
💡 Bon à savoir : accessible tous les jours de 6h à minuit.
A ne pas rater :
- le restaurant « Victoria Station » qui ressemble à une voiture de chemin de fer d’autrefois
- le restaurant « L’Arbre à Cannelle », installé dans un bâtiment du 18e siècle et ayant conservé son décor ancien (plafond à caissons et peintures). Le lieu abritait une chocolaterie vers 1854.
- le « Café Stern », aménagé dans un ancien atelier d’imprimerie.


Juste avant d’atteindre la sortie rue Saint-Marc, tourner à gauche dans la galerie Montmartre pour déboucher au 151 rue Montmartre.
2 – Le café du Croissant
Au 146 rue Montmartre, une plaque est apposée à l’extérieur de cet établissement où Jean Jaurès fut assassiné le 31 juillet 1914. A l’époque, de nombreux journaux avaient leur siège dans la rue du Croissant, dont L’Humanité qu’il avait fondée en 1904.
Farouche défenseur de la paix, sa disparition fit tomber l’un des derniers obstacles au déclenchement de la guerre. Si vous entrez dans le café, un repère au sol indique l’endroit précis où il s’est effondré, à côté de la table qu’il occupait.
Un moment émouvant pour ceux qui aiment l’histoire, surtout quand on sait combien fut atroce la guerre qui éclata quelques jours plus tard.


Jean Jaurès était assis à cette table lorsqu’on lui a tiré dessus
3 – Le quartier du Sentier
Bien qu’on n’en voit pas dans la portion de la rue du Sentier empruntée pour la balade, on trouve encore plusieurs boutiques de grossistes en tissus dans la rue des Jeuneurs. Mais on est sans doute très loin de ce qui faisait la renommée de ce quartier dans les décennies d’après-guerre, lorsque tout tournait autour du textile, porté notamment par une importante communauté juive qui en constituait la force motrice.
4 – Le passage du Caire
Reliant la place du Caire à la rue Saint-Denis, c’est le plus ancien, le plus long et le plus étroit passage couvert de Paris. Il a toutefois subi davantage de transformations que le passage des Panoramas, resté plus proche de son aspect d’origine.
Son nom est dû à l’entrée de Bonaparte au Caire le 23 juillet 1798. D’ailleurs, le passage commence sous un immeuble à façade égyptianisante, ornée d’une frise de hiéroglyphes et de trois têtes représentant la déesse Hathor, reconnaissable à ses oreilles de vache.
Long de plus de 350 mètres, il se compose de trois galeries. Contrairement au passage des Panoramas, vous n’y croiserez pas grand monde et vous aurez même l’impression d’un lieu un peu vide, tant de nombreuses boutiques paraissent fermées.
💡 Bon à savoir : accessible du lundi au vendredi de 7h00 à 18h30.



5 – Le passage du Ponceau :
Il est quasiment dans la continuité du passage du Caire puisqu’il suffit de traverser la rue Saint-Denis pour y pénétrer. Ouvert en 1826 et long de 92 m, il ne sert plus aujourd’hui que de transit, car il n’y a pas de boutiques. D’ailleurs, c’est franchement le moins séduisant de tous les passages.
💡 Bon à savoir : accessible du lundi au vendredi de 8h00 à 19h00.

6 – Le passage du Bourg-l’Abbé :
Inauguré en 1828 et long de 47 m, son entrée côté 3 rue de Palestro se distingue par son porche monumental encadré de cariatides, statues allégoriques représentant le Commerce et l’Industrie. A l’intérieur, la plupart des façades des anciennes boutiques ont heureusement été conservées, ce qui lui donne un aspect vraiment typique du début du XXe siècle.
Malgré sa proximité avec la rue Saint-Denis, il est peu fréquenté et dégage pourtant un effet rétro étonnant.
💡 Bon à savoir : fermé dimanche et jours fériés.


7 – Le passage du Grand Cerf :
Situé au 145 rue Saint-Denis, le passage du Grand Cerf, construit en 1825, est remarquable par sa hauteur (près de 12 mètres).
Sa verrière et sa structure métallique en font l’un des passages les plus lumineux. Il accueille aujourd’hui des merceries, des boutiques de créateurs, etc ….
💡 Bon à savoir : fermé dimanche et jours fériés.

8 – La rue Montorgueil :
Presque entièrement piétonne, c’est l’une des rues les plus animées du centre de Paris. Elle aligne de nombreux commerces de bouche qui rappellent que les Halles étaient juste à côté. Elle est très fréquentée du matin au soir.
A ne pas manquer :
- L’Escargot Montorgueil, restaurant fondé en 1832.
- au n° 51, la plus ancienne pâtisserie de Paris, a été fondée en 1730 par Nicolas Stohrer, pâtissier du roi Louis XV, à qui l’on attribue l’invention du baba au rhum; la boutique a conservé son décor du 18e siècle.
- Le Rocher de Cancale : un restaurant mythique fréquenté au 19e siècle et mentionné par Balzac dans La Comédie humaine.


9 – La tour Jean sans Peur :
Pourquoi s’arrêter au 20 rue Etienne Marcel ?
C’est la plus haute tour civile médiévale de Paris (27 m de hauteur).
Un peu d’histoire :
Edifiée entre 1409 et 1411 par Jean sans Peur, duc de Bourgogne, elle servait à la fois de résidence et de tour fortifiée.
A visiter pour :
- son remarquable escalier à vis,
- la voûte sculptée de la salle haute, où les branches de chêne et de houblon forment un décor symbolique évoquant un arbre généalogique.
👉 Toutes les infos pratiques pour visiter la Tour Jean sans Peur
🚇 Métro : Etienne Marcel (ligne n° 4)

10 – La place des Victoires :
Elle est aménagée entre 1685 et 1686.
De plan circulaire, elle était à l’origine entourée d’hôtels particuliers homogènes. Aujourd’hui, l’unité architecturale des façades n’est plus tout à fait celle d’origine, mais la place reste agréable à contempler. En son centre se dresse une statue équestre de Louis XIV, rappelant qu’il s’agissait à l’origine d’une place royale.

11 – La basilique Notre Dame des Victoires :
La particularité de cette église, qui s’élève sur la place des Petits Pères, réside dans la présence d’environ 37 000 ex-voto qui recouvrent l’ensemble des murs intérieurs. Ces plaques de marbre, ainsi que de nombreuses médailles militaires, ont été déposées en remerciement à la Vierge pour les grâces obtenues.
L’édifice a été érigé à la suite d’un vœu formulé par Louis XIII.
En 1628, pendant le siège de La Rochelle, le roi promet de faire construire à Paris une église dédiée à la Vierge Marie s’il obtient la victoire sur les protestants. Après la capitulation de la ville en octobre 1628, il pose la première pierre le 9 décembre 1629.
La construction s’étend sur plus d’un siècle. L’église est consacrée le 13 novembre 1740. Elle devient basilique mineure en 1927.
Ses dimensions : 62 m de longueur, 24,5 m de largeur et 15 m de hauteur.

A voir à l’intérieur :
- à l’entrée, la chapelle dédiée à Thérèse de Lisieux, venue prier ici en 1887
- la chaire datant de 1739
- le cénotaphe du compositeur Jean-Baptiste Lully
- les sept tableaux réalisés entre 1746 et 1755 par Carl Van Loo, installés dans le chœur, dont celui représentant le vœu de Louis XIII placé au centre
- les ex-voto
- la statue de la Vierge couronnée, objet d’une grande ferveur populaire ; elle date de 1809 et remplace celle qui fut volée pendant la Révolution



12 – La galerie Vivienne :
Construite en 1823 et située au 6 rue Vivienne, elle compte parmi les plus belles galeries couvertes de la capitale.
Après l’animation plus populaire des passages précédents, le contraste est net : l’ambiance est plus chic et les vitrines plus soignées.
A voir :
- les mosaïques au sol
- la verrière
- l’une des plus anciennes librairies de Paris



13 – La Bibliothèque de France – site Richelieu :
Pourquoi s’arrêter au 5 rue Vivienne ?
Parce qu’il s’agit du plus ancien site de la Bibliothèque nationale de France.
Un peu d’histoire :
L’hôtel Tubeuf est construit vers 1635. En 1643, le cardinal Mazarin l’achète afin de s’installer à proximité du Palais-Royal, où réside le jeune Louis XIV.
À partir de 1644, il fait édifier deux galeries : la galerie Mazarin pour sa collection d’art et une autre, le long de la rue de Richelieu, destinée à sa bibliothèque.
En 1722, le palais revient à la monarchie et la Bibliothèque royale y est officiellement installée.
Au 19e siècle, l’architecte Henri Labrouste transforme profondément le site et construit la salle de lecture qui porte aujourd’hui son nom.
Quant à la magnifique salle Ovale, avec sa grande verrière, elle est ouverte au public en 1937.
A voir :
- la salle Ovale (accès libre)
- la salle Labrouste inaugurée en 1868 (on peut l’admirer depuis l’entrée seulement)
- la cour d’honneur
- le remarquable musée de la BnF, avec la galerie Mazarin (l’une des premières galeries baroques à Paris), le salon Louis XV décoré par Boucher et Natoire, des collections de vases grecs, l’incroyable trésor gallo-romain de Berthouville, des monnaies et surtout des manuscrits exceptionnels, renouvelés quatre fois par an afin d’éviter leur détérioration.
👉 Informations pratiques sur la BnF – site Richelieu
🚇 Métro : Bourse ou Quatre Septembre (ligne 3)



14 – La Galerie Colbert
Construite en 1826 à l’emplacement de l’ancien hôtel particulier de Colbert, elle est accessible au 2 rue Vivienne et appartient à la Bibliothèque nationale de France depuis 1985.
Elle se distingue par sa grande coupole de verre qui éclaire la rotonde centrale de 17 m de diamètre mêlant verre et métal. Contrairement à d’autres passages couverts, elle n’a plus aujourd’hui de véritable vocation commerciale : elle abrite notamment des institutions culturelles liées à l’histoire de l’art. Entièrement restaurée depuis peu, l’ensemble paraît presque trop parfait et l’on a parfois l’impression d’évoluer dans un décor de cinéma ou dans un musée.
C’est ici que l’on peut accéder à la célèbre brasserie Le Grand Colbert, qui a conservé son décor « Belle Époque » ou bien par le n°6 de la rue Vivienne.
💡 Bon à savoir : fermé dimanche et jours fériés.

15 – Le square Louvois :
Aménagé au 19e siècle rue de Louvois, sa petitesse contraste avec la fontaine monumentale inaugurée en 1844 qui trône en son centre. Les grandes statues symbolisent quatre grands fleuves français : la Seine, la Loire, la Garonne et la Saône. Au niveau du bassin inférieur, des tritons chevauchent des dauphins.
🚇 Métro : Bourse ou Quatre Septembre (ligne 3)

16 – Le passage Choiseul :
Ouvert en 1825 et long d’environ 190 mètres, il relie le 40 rue des Petits-Champs au 23 rue Saint-Augustin. Très animé à l’heure du déjeuner en raison de la présence de nombreux bureaux dans le quartier, il reste également fréquenté en soirée grâce à sa proximité avec les Grands Boulevards.
💡 Bon à savoir : fermé dimanche et jours fériés.

17 – Le palais Brongniart :
Pourquoi s’arrêter place de la Bourse ?
C’est l’ancien siège de la Bourse de Paris
Un peu d’histoire :
Décidé sous Napoléon Ier, le bâtiment est construit entre 1808 et 1826 par l’architecte Alexandre-Théodore Brongniart. Achevé sous la Restauration, il présente une architecture néoclassique qui le fait ressembler à un temple antique. Il abrite la Bourse et sa fameuse corbeille jusqu’en 1998. Aujourd’hui, il accueille des événements économiques et culturels.

📍 Vous voici arrivés au terme de cette balade dans le 2e arrondissement de Paris, à la découverte de ses passages couverts et de ses principaux sites patrimoniaux.
Le métro Bourse (ligne 3) permet de quitter facilement le quartier.
Que voir dans le 2e arrondissement de Paris ? Vous le savez maintenant. Bonne visite !
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