Visiter Strasbourg, capitale européenne et régionale, c’est découvrir une ville symbole de la réconciliation franco-allemande après trois guerres livrées en moins d’un siècle. Son histoire tourmentée s’explique par sa situation géographique aux confins des mondes latin et germanique. Célèbre pour sa cathédrale et son marché de Noël, elle n’en est pas moins dotée d’un patrimoine architectural exceptionnel dont l’UNESCO a reconnu l’inestimable valeur à deux reprises, en 1988 et en 2017. Alors, si vous ne connaissez pas Strasbourg, n’hésitez pas un instant et partez la découvrir.
Comment venir à Strasbourg :
Voici les solutions pratiques pour rejoindre Strasbourg quand on n’a pas de voiture :
En train :
Comptez environ 1h45 en TGV direct depuis Paris Gare de l’Est pour une distance de 416 km.
👉 Consultez les horaires des trains vers Strasbourg sur le site de la SNCF
En autocar :
Depuis la loi de 2015 sur la libéralisation du voyage en autocar longue distance, des opérateurs ont ouvert des lignes de bus à bas coût qui desservent Strasbourg :
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En covoiturage
Le covoiturage est une bonne option pour se déplacer.
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Avec Omio
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Informations pratiques pour visiter Strasbourg
Si vous souhaitez visiter Strasbourg, voici tout ce qu’il faut savoir pour profiter pleinement de votre séjour : plans de la ville, marché, spécialités locales, bonnes adresses où manger et météo.
Office de tourisme de Strasbourg et plans de la ville
L’office de tourisme se trouve sur la place de la cathédrale, à 1,4 km à pied de la gare SNCF.
👉 Consultez le plan pour visiter Strasbourg distribué par l’office
👉 Voir le plan de Strasbourg sur OpenStreetMap
👉 Consultez la carte détaillée de Strasbourg et ses environs sur Géoportail
Combien de temps faut-il pour visiter Strasbourg ?
Un week-end est idéal pour découvrir les principaux sites touristiques de la ville.
Où dormir à Strasbourg ?
J’utilise Booking.com pour repérer des hébergements qui me plaisent, puis je contacte directement l’établissement (hôtel, chambre d’hôtes, etc.) pour leur demander s’ils proposent un meilleur tarif en réservant en direct, sans passer par la plateforme, ce qui évite le paiement de la commission !
Le grand marché en plein air de Strasbourg
Il a lieu tous les mardis matin sur la place de Broglie.
Découvrir les spécialités locales de Strasbourg et de ses environs
- la flammekueche (ou tarte flambée), une fine pâte garnie de crème fraîche, d’oignons et de lardons
- la choucroute garnie
- le baeckeoffe, une potée mijotée composée de trois viandes (porc, bœuf et agneau), de pommes de terre, d’oignons et marinée au vin blanc d’Alsace ;
- les spätzle qui sont de petites pâtes traditionnelles
- le bretzel, une sorte de petit pain brioché en forme de nœud dont la croûte est parsemée de gros sel
- le kouglof (ou kugelhopf), une brioche aux raisins secs
- les vins d’Alsace
Quelques bonnes adresses où bien manger à Strasbourg :
Les winstubs :
- « Chez Yvonne » au 10 rue du Sanglier : ouverte en 1873, c’est l’une des plus célèbres d’Alsace et Jacques Chirac en avait même fait sa « cantine »
- « Au Pont Corbeau » au 21 quai Saint-Nicolas
- « Le Zehnerglock » au 4 rue du Vieil Hôpital : à 22h07, le personnel s’arrête au moment de la sonnerie de la cathédrale de Strasbourg
- « Le Tire Bouchon » au 5 rue des Tailleurs de Pierre
Restaurants alsaciens :
- « Le Baeckeoffe d’Alsace » au 14 rue des Moulins, dans le quartier de la Petite France.
- « Le Schnockeloch » au 2 Faubourg National : il est proche de la gare SNCF.
Grande brasserie strasbourgeoise
- « Le Météor » au 10 Rue du 22 Novembre : c’est une institution et on est servi très rapidement !
Prendre ou non les transports en commun strasbourgeois ?
Je ne les ai pas utilisés pour visiter le centre-ville, car tous les principaux sites touristiques peuvent se découvrir à pied. En revanche, je les ai empruntés pour me rendre dans le quartier des institutions européennes.
👉 Accédez au site des transports de l’agglomération strasbourgeoise
Les bateaux-mouches
C’est la croisière en bateau à faire lors de votre séjour à Strasbourg pour découvrir la capitale européenne au fil de l’eau. L’embarcadère se trouve au pied du Palais Rohan.
👉 En savoir plus sur les balades en bateau
Météo à Strasbourg
👉 Consultez les prévisions météorologiques pour préparer votre visite
Que faire à Strasbourg ? Les lieux incontournables à découvrir
La découverte de Strasbourg s’articule autour de trois grands quartiers : le centre historique (la Grande Ile), la Neustadt et le quartier européen.
LE CENTRE HISTORIQUE
La loi du 4 août 1962 (loi Malraux) a été utilisée par la municipalité pour mettre en place un secteur sauvegardé permettant de restaurer, rénover et réhabiliter une partie du centre historique tout en le préservant. Ce dernier est constitué par la Grande Ile – entourée par les eaux de la rivière Ill – qui a été classée au patrimoine mondial de l’Unesco en 1988. Il correspond au périmètre de la ville au 13ème siècle.
En partant de la gare SNCF, je vous propose le parcours suivant : après avoir traversé la place de la gare et emprunté la rue du Maire Kuss qui part en face, longer le canal sur la gauche pour se rendre vers la « Petite France ».
Au passage, vous verrez :
– la tour du bourreau
Elle est de l’autre côté du pont de l’Abattoir et qui date du second agrandissement de la ville (1202-1220); c’était à l’intérieur de celle-ci qu’on torturait durant le Moyen-Age.
– les ponts couverts
Ils ne le sont plus depuis 1784 mais ils ont conservé leur surnom; autrefois en bois, ils ont été remplacés par des ponts de pierre en 1865 qui permettent de franchir plusieurs bras de l’Ill. Les trois tours qui les dominent sont des vestiges de l’enceinte élevée au 13ème siècle.
L’érable qui se trouve à l’entrée aurait été planté en 1667 ce qui en fait l’arbre le plus ancien de la ville.
– Le barrage Vauban
Long de 120 m, il fait partie des constructions de défense conçues par Vauban en 1690 à la demande de Louis XIV pour protéger la ville-frontière récemment conquise. En fermant les vannes placées sous chacune des 13 arches, on pouvait inonder les terres situées en amont de l’Ill et donc gêner la progression de l’ennemie. Il faut monter sur la terrasse panoramique pour profiter du panorama sur les ponts couverts et la Grande Ile.
– Le musée d’Art moderne contemporain
Il se trouve à côté du barrage Vauban : on peut y admirer des œuvres de l’art occidental des années 1870 à nos jours.
Site officiel du musée d’Art moderne contemporain
Depuis les ponts couverts, il faut longer l’un des bras de l’Ill pour parvenir au quartier plein de charme de :
– LA PETITE FRANCE
Si aujourd’hui, c’est devenu l’un des endroits les plus photogéniques de Strasbourg avec ces belles maisons à colombages datant des 16ème et 17ème siècles, ses ponts et son écluse, il faut savoir que :
- l’endroit était délabré jusque dans la période des années 70 à partir desquelles il a été rénové avec succès.
- autrefois, c’était le quartier des tanneurs, des meuniers et des pêcheurs.
- l’origine de son nom vient de la présence d’un hospice qui, au 15ème siècle, servait à héberger tout en les isolant de la population des soldats qui revenaient des guerres d’Italie où ils avaient servi dans l’armée du roi de France et où ils avaient contracté la syphilis. A l’époque, on désignait cette maladie vénérienne comme étant « le mal français ».
De la « Petite France », on se rend jusqu’à la cathédrale en longeant les quais de l’Ill jusqu’au pont Saint-Thomas. Remonter sur le quai haut pour aller voir :
– L’église Saint-Thomas
Edifiée à la fin du 12ème siècle, elle est passée au culte protestant en 1529. A l’intérieur, on peut y admirer le tombeau du maréchal de Saxe – Rome avait refusé au roi Louis XV qu’il le fasse enterrer à Saint-Denis en raison de sa confession luthérienne – réalisé par Pigalle en 1776.
On peut revenir sur les quais et continuer à longer l’Ill. Avant d’arriver au pont du Corbeau, on longe un grand bâtiment appelé :
– L’ancienne Douane (Kaufhaus)
Achevée de construire en 1358, elle servait à entreposer des marchandises qui étaient débarquées dans le port sur l’Ill situé au sud de la cathédrale et qui étaient soumises à des taxes municipales. Quasiment détruite lors d’un bombardement le 11 août 1944, elle fut refaite à l’identique.
Après le pont, on arrive à l’embarcadère des bateaux de croisière (voir plus haut) qui se trouve au pied du palais épiscopal, le Palais Rohan.
C’est ici que s’achève la berge piétonne, au niveau de la place aux Poissons. Prendre la rue à gauche pour se rendre sur la très jolie place du Marché aux Cochons de Lait puis suivre la rue du Maroquin bordée de winstubs pour parvenir sur la place de la Cathédrale.
– La cathédrale Notre-Dame :
C’est la deuxième cathédrale la plus visitée de France après Notre Dame de Paris avec environ 4 millions de visiteurs par an.
Bâtie en grès rose des Vosges entre 1180 et 1439, il faut se rendre à l’extrémité de la rue Mercière, côté place Gutenberg, pour prendre du recul et admirer l’impressionnante hauteur de sa façade occidentale superbement ouvragée. Jusqu’en 1874, c’était le plus haut monument de la chrétienté avec sa flèche atteignant la hauteur de 142,11 m et dont la construction a été achevée en 1439. (A savoir : la plus haute construction du monde était la pyramide de Khéops avec 146 m).
Quelques chiffres : 118 m de long, 51 m de large et 32 m de hauteur sous voûte.
Suite à l’incendie qui détruisit la cathédrale romane en 1176, il fut décidé de reconstruire un nouvel édifice en réutilisant les fondations de l’ancien.
De 1180 à 1210 : construction du chœur puis du transept nord qui sont de style roman.
Vers 1210 à 1235 : la venue d’un nouveau maître d’oeuvre, qui a probablement travaillé dans des cathédrales d’Ile de France, fait qu’on passe du roman au gothique avec, entre autres, la superbe réalisation du pilier des anges qui porte le poids de la voûte du transept sud et qui représente le jugement dernier. A l’extérieur, le portail méridional présente la fameuse statue de la « synagogue » face à celle représentant « l’église triomphante ».
De 1235 à 1275 : édification de la nef (62,5 m de long sur 44,5 m de large y compris les bas-côtés) en se servant des arcs-boutants et des croisées d’ogives pour évider les murs afin d’y installer des verrières.
1 500 m² de vitraux sont présents dans la cathédrale.
De 1277 à 1371, élévation de la façade occidentale de style gothique flamboyant avec ses 3 portails, sa rosace de 13,6 m de diamètre et ses 2 tours. C’est le maître d’oeuvre Erwin von Steinbach qui en conçoit les premiers plans. Il faut aussi savoir qu’elle est entièrement peinte pour marquer les esprits et que, pour accentuer sa verticalité, le décor est construit devant le mur et relié à lui à l’aide d’armatures métalliques.
De 1371 à 1399, un beffroi est rajouté entre les deux tours pour y installer les cloches.
De 1399 à 1439 : c’est le temps des travaux de la flèche qui va atteindre la hauteur faramineuse de 142,11 m car, à cette époque-là, il y avait une sorte de course à la dimension pour montrer toute la puissance de la ville par rapport aux autres. C’est d’abord Ulrich d’Ensigen qui réalise la base de la flèche. De forme octogonale, elle est flanquée de quatre tourelles renfermant chacune un escalier. A sa mort survenue en 1419, c’est son second, Jean Hültz qui devient l’architecte principal et qui imagine ce chef d’oeuvre qui élève la cathédrale vers le ciel. Pour résister à la force du vent, elle est ajourée et consolidée par de nombreuses pièces métalliques qui vont lui permettre de bouger sans s’effondrer ….
En se rapprochant du portail central, on peut y observer un détail inattendu au-dessus de la porte de gauche, au 3ème registre. C’est la scène de la « Gueule de l’enfer » où on voit un enfant en train d’uriner sur un évêque pédophile (Gamil Blosaarsch) dont on ne voit que le fondement avec son … anus en forme d’étoile. Cet évêque, qui a existé, abusait des enfants de chœur et il a fini par être chassé de la ville.
Aux ébrasements sont représentés les prophètes et, sur le trumeau, la Vierge Marie.
Sur le portail sud de la façade occidentale, ne pas manquer la parabole des vierges folles qui vont se laisser tenter par le diable qui a pris les formes d’un séducteur qui tend une pomme, alors qu’en face d’elles se tiennent les vierges sages. C’est l’illustration du combat du bien contre le mal.
A voir absolument à l’intérieur de la cathédrale :
- les vitraux réalisés entre le 12ème et le 14ème siècle (c’est le second plus grand ensemble de verrières gothiques après Chartres)
- le très beau buffet d’orgue polychrome en nid d’hirondelle (15ème siècle)
- la hauteur de la voûte qui atteint 32 m sous la nef
- le chœur roman
- le pilier des anges encore appelé pilier du jugement dernier (13ème siècle) dans le bras droit du transept à proximité duquel se trouve l’horloge astronomique. Cette dernière date du 16ème siècle mais son mécanisme a été entièrement retravaillé entre 1838 et 1842 par le strasbourgeois Jean-Baptiste Schwilgué. Il l’a dotée d’un mécanisme complexe qui permet d’indiquer, en plus de l’heure, des phases de la lune, du mouvement des planètes, etc …. Tous les jours, à 12h30, a lieu le grand défilé de tous les automates.
Possibilité de monter sur la terrasse située à 66 m au-dessus du sol : accès payant et 330 marches à grimper ….
👉 En savoir plus sur la montée à la plateforme de la cathédrale,
– A voir autour de la cathédrale :
La célèbre maison Kammerzell :
sa construction débuta en 1467 mais c’est en 1589 que fut réalisée sa façade ouvragée avec ses 75 fenêtres à vitraux en cul de bouteille. De nos jours, elle abrite un hôtel-restaurant.
La colonne dite du Buchmesser
Elle se trouve à l’angle de la place et de la rue Mercière, devant la « boutique culture ». C’est un pilier en grès rose qui sert de « mesureur de ventre » car il laisse un espace de 35 cm avec le mur qui permet de constater la prise ou non d’embonpoint …. Quant à la maison à pans de bois dont il fait partie, elle date des années 1468 à 1497.
Le Palais Rohan
C’était la résidence des évêques et le premier d’entre eux fut le prince Armand-Gaston-Maximilien Rohan de Soubise qui avait pour mission d’imposer la religion catholique dans une région, l’Alsace, qui était devenue une terre protestante. Il lui fallait donc un palais et, comme Strasbourg était rattachée depuis peu au royaume de France, le nouvel édifice devait représenter un symbole du pouvoir royal. De style classique, il fut construit entre 1732 et 1742. De nos jours, il abrite 3 musées :
– au sous-sol, c’est le musée archéologique qui présente l’histoire antique de la région :
👉 Pour plus d’informations, cliquez ici
– au rez de chaussée, c’est le musée des arts décoratifs dont la visite permet d’admirer les appartements des évêques :
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– au 1er étage, c’est le musée des Beaux-Arts qui présente la peinture européenne du 14ème siècle à 1870 :
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Le musée de l’Oeuvre Notre Dame (3 place du Château) :
C’est au début du 13ème siècle qu’est créé l’oeuvre Notre-Dame afin de gérer les fonds qui vont servir à la construction de la cathédrale. De nos jours, elle continue de s’occuper de son entretien et de sa restauration. Elle occupe deux très belles maisons qui datent, pour celle de gauche, de style gothique, de 1347 et, pour celle de droite, de style renaissance, de 1582. A l’intérieur, en plus des bureaux, il y a un musée qui est un complément à la visite de la cathédrale car on y trouve les originaux de certaines sculptures. On peut aussi y voir aussi des collections régionales couvrant les périodes du Moyen Age et de la Renaissance dont fait partie le vitrail le plus vieux de France, le « Christ de Wissembourg ».
👉 Site officiel du musée de l’Oeuvre Notre Dame
Le 5e lieu (5 place du Château) :
Cet édifice, élevé entre 1857 et 1861, accueille, au rez-de-chaussée, la billetterie concernant toute l’offre culturelle proposée par la métropole de Strasbourg et, au 1er étage, une exposition gratuite sur l’histoire de la ville depuis l’époque romaine jusqu’à nos jours.
De la place de la cathédrale, on peut se rendre à la place Kléber en passant par la place Gutenberg au centre de laquelle se trouve la statue de l’inventeur de l’imprimerie car il a vécu à Strasbourg de 1434 à 1444 et, sur son côté ouest, on peut voir un bâtiment de style renaissance construit entre 1583 et 1585, la Neubau, qui abrite de nos jours la Chambre de Commerce et de l’Industrie du Bas Rhin. Puis, suivre sur la droite la rue des Grandes Arcades jusqu’à :
– La place Kléber
Aménagée sous Louis XV d’après les plans d’embellissement de la ville de l’architecte Blondel, elle devait servir de place d’Armes. Mais le projet ne put être mené complètement à son terme et un seul bâtiment fut réalisé, l’Aubette (1765-78) qui est de style néo-classique.
C’est sur cette place que, chaque année, est dressé le grand sapin décoré et illuminé du marché de Noël.
De la place Kléber, revenir dans la rue des Grandes Arcades, traverser la rue de Haute Montée où passe le tramway puis continuer dans la Petite rue de l’église pour se rendre à :
– L’église Saint-Pierre le Jeune
C’est l’une des plus anciennes de Strasbourg et elle mérite absolument une visite.
De l’époque romane (11ème siècle), il ne reste que le cloître et les étages inférieurs du clocher.
Construite entre la fin du 13ème siècle pour le chœur et le début du 14ème siècle pour la nef, l’église actuelle passe au culte protestant en 1524. Après le rattachement à la France en 1681, elle est divisée en deux parties, l’une réservée aux catholiques (le chœur) et l’autre aux protestants. Cela va durer jusqu’à la fin du 19ème siècle, lorsqu’une nouvelle église Saint-Pierre le Jeune sera inaugurée pour les catholiques de l’autre côté du canal du Faux Rempart dans le cadre de l’agrandissement de la ville.
Entre 1897 et 1901, elle a subi une grande restauration sous la conduite de l’architecte allemand Carl Schäfer.
A voir à l’extérieur :
- le grand portail néogothique d’Erwin de Steinbach réalisé par Carl Schäfer en 1895 en hommage à celui qui a imaginé une partie de la façade de la cathédrale de Strasbourg et qu’il croyait avoir été l’architecte de St-Pierre le Jeune.
- le cloître qui, après avoir subi des destructions, a été très remanié par Carl Schäfer pour qu’il retrouve son aspect d’origine. Trois des galeries sont de style roman et celle qui se trouve du côté oriental est gothique.
Strasbourg, cloître de l’église Saint-Pierre le Jeune
A l’intérieur, on peut y voir :
- des peintures du 13ème et 14ème siècle fortement restaurées à la fin du 19ème siècle par Carl Schäfer dont fait partie « La Navicella » (inspirée d’une mosaïque de Giotto réalisée entre 1320 et 1325) sur le mur occidental de la nef.
- la peinture néogothique de Carl Schäfer intitulée « le cortège des Nations » sur le mur de fond du bas-côté sud.
- un jubé (14ème siècle) surmonté par un orgue de Silbermann (1780).
- les boiseries du chœur du 18ème siècle.
A l’extrémité est de la place Saint-Pierre le Jeune, prendre sur la droite la rue de la Nuée Bleue, passer devant le bâtiment qui abrite les locaux des DNA sur la façade duquel vous observerez la présence d’un coq (il chante trois fois tous les midis depuis 1920 pour célébrer la victoire sur les Allemands et, en face, une poule lui répond depuis 1991) puis continuer pour parvenir sur :
La place de Broglie
Elle a été créée au 18ème siècle. On y trouve, entre autres, la mairie qui occupe l’ancien hôtel particulier de Hanau-Lichtenberg bâti entre 1730 et 1736, l’hôtel du préfet qui était l’ancien hôtel particulier de Klinglin bâti entre 1730 et 1736, l’opéra de Strasbourg (ancien théâtre municipal) inauguré en 1821, etc ….
Sur le côté nord de l’opéra se trouve la fontaine de Janus qui date de 1988 et qui rappelle l’origine romaine de la ville.
Puis, traverser le canal du Faux-Rempart pour arriver dans la « Neustadt ».
LA NEUSTADT
Après l’annexion de l’Alsace en 1871, Strasbourg devint la capitale du Reichsland « Alsace – Lorraine ». Comme la guerre avait causé de nombreuses destructions, les Allemands décidèrent de créer de toutes pièces une ville nouvelle (Neustadt en langue allemande) avec de larges avenues rectilignes, des bâtiments officiels, des logements modernes, une gare, une université, la mise en place d’un tramway, etc … Plusieurs styles architecturaux allaient s’y mélanger. Appelé encore quartier impérial, il avait pour but de montrer que les Allemands étaient de retour sur une terre qu’ils considéraient, de leur point de vue, comme faisant partie de la mère patrie (Mutterland). Mais, il y avait aussi la volonté de séduire l’ancienne population française devenue de fait allemande en leur montrant ce que leur nouveau pays faisait de mieux. L’urbanisation de la Neustadt débuta en 1880.
A voir :
- les bâtiments entourant la place de la République (anciennement Kaiserplatz) dont le palais du Rhin qui n’est autre que l’ancien palais impérial construit entre 1883 et 1888 et, en face de lui, le théâtre national de Strasbourg (anciennement assemblée du « Reichsland » inaugurée en 1892) et la bibliothèque nationale et universitaire qui date de 1895.
- l’avenue de la Paix bordée d’immeubles qui étaient destinés aux hauts fonctionnaires allemands.
- l’avenue des Vosges (immeubles d’habitations aux n°46, 51 et 53).
- les bâtiments « art nouveau » à l’angle de la rue Sellénik et du boulevard des Vosges aux n°1 et 3 (1902-1904) ainsi que le palais des Fêtes au n°5 qui allie plusieurs styles (néorenaissance avec les pignons à volutes, néogothique avec la tour d’angle et jugendstil dans le décor floral).
- l’avenue de la Liberté qui relie la place de la République au palais de l’Université inauguré en 1884 et dont le style s’apparente à celui de la renaissance italienne.
- la gare ouverte en 1883.
- le palais de justice (1898).
- la poste au style néo-médiéval (1899).
- l’église Saint-Paul (1892-97) de style néogothique rhénan dont les flèches atteignent la hauteur de 76 m.
- les immeubles de styles régionaliste, néo-gothique, néo-renaissance, jugendstil (équivalent germanique de l’art nouveau), etc … qui, à l’époque, bénéficiaient d’un certain confort, etc ….
A 600 m de la place de la République, au n°10 de la rue du général Rapp se trouve une maison à la façade égyptienne qui allie le style « art nouveau » et la vision idéalisée de l’Egypte antique. Elle date de 1905.
La Neustadt a été classée au patrimoine mondial de l’Unesco en juillet 2017.
LE QUARTIER EUROPEEN
Pour y accéder, prendre la ligne E du tramway et descendre à l’arrêt « Parlement Européen » ou « Droits de l’Homme ».
C’est d’abord le siège du Conseil de l’Europe qui vit le jour en 1950 dans cet endroit situé au nord-est de la « Neustadt ». C’était la conséquence du choix de la ville de Strasbourg pour l’y établir car elle était à la fois positionnée géographiquement au cœur du continent et le symbole de la rivalité dramatique entre deux des plus grandes puissances européennes, à savoir La France et l’Allemagne.
Un nouveau siège du Conseil de l’Europe fut inauguré en 1977. Quant au Parlement Européen actuel, il date de 1999 et sa surface totale atteint 220 000 m².
👉 Pour visiter gratuitement le parlement européen, cliquez ici
A proximité, on trouve aussi les sièges de la Commission de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (1995), de l’Institut International des Droits de l’Homme, de la chaîne franco-allemande ARTE, etc ….
A voir et/ou à faire si vous avez du temps
– La cave historique de l’hospice civil :
L’escalier qui permet d’y accéder se trouve à moins de 100 m sur la gauche après être passé sous la porte de l’hôpital qui faisait partie de l’enceinte du 13ème siècle.
Dès 1395, elle servait au stockage du vin et de la nourriture pour les pèlerins ainsi que pour les déshérités. Sauvée de justesse de la démolition, on peut les visiter gratuitement. C’est d’ailleurs ici qu’on trouve le plus vieux vin blanc du monde conservé en tonneau qui date de 1472 ….
👉 En savoir plus sur la cave historique de l’hospice civil
– Le rempart médiéval
Visible place Sainte-Madeleine, c’est est un des vestiges de l’enceinte de la ville élevée en 1228.
– le parc de l’orangerie
Il a été aménagé à la fin du 17ème siècle; on peut y voir des cigognes mais aussi le pavillon Joséphine construit entre 1804 et 1807 pour abriter les orangers ainsi que le Buerehiesel qui est une maison bâtie à Molsheim envers 1600 qui a été démontée pour l’exposition industrielle en 1895.
– le parc de la citadelle
– le musée du pain d’épice
LE QUARTIER DES DEUX-RIVES
Emprunter la ligne D du tramway pour aller vous balader dans ce lieu en pleine mutation et dont l’objectif est de relier Strasbourg au Rhin.
C’est à partir des années 90, avec les projets d’extension du tramway dans le quartier du Neuhof pour le désenclaver, le déclin de l’activité portuaire et l’abolition des frontières entre pays européens, que naît ce projet Deux-Rives. La municipalité décide de se développer vers le Rhin, mettant fin aux périodes de méfiance envers l’Allemagne qui avaient succédé aux deux guerres mondiales. A partir des années 2000, l’urbanisation commence. Des bâtiments municipaux tel que le conservatoire de la musique et de la danse sont construits dans ce nouveau quartier, des logements, des cinémas, etc …. La presqu’île du bassin d’Austerlitz est réhabilitée avec, entre autres, la médiathèque André Malraux inaugurée en 2008 dans un ancien entrepôt, la tour Seegmuller dans un ancien silo à grains, les Dock’s, etc …. En 2004, le jardin des Deux-Rives est relié par une passerelle à la ville de Kehl. En 2017, c’est le tramway qui est prolongé jusqu’à Kehl.
Pour se balader du côté du bassin d’Austerlitz, descendre à l’arrêt « Etoile-Bourse ».
Pour vous rendre de l’autre côté de la frontière et traverser le Rhin, empruntez le tramway jusqu’à son terminus « Kehl Rathaus », dirigez-vous vers l’office de tourisme si vous voulez disposer d’un plan pour visiter la ville (sachez qu’il n’y a pas grand-chose à voir) puis franchissez le fleuve en empruntant la passerelle des Deux-Rives pour aller reprendre le tramway à l’arrêt « Port du Rhin ».
Et si vous avez beaucoup de temps !
Vous pouvez aller passer la journée en Allemagne, à Baden-Baden pour y profitez des thermes de Caracalla.
Compter environ une heure de trajet en train de Strasbourg à Baden Baden.
Il y a 6 km environ entre la gare de Baden Baden et l’entrée des thermes. Le centre-ville est régulièrement desservi par des bus :
– la ligne 205 vous conduit directement aux thermes de Caracalla
– les lignes 201 et 216 à Léopolsplatz qui est à 800 mètres à pied de l’entrée des thermes.
👉 Site officiel des thermes de Caracalla
Brève histoire de Strasbourg
Pour lire mon article de blog consacré au passé de la ville, cliquez ici
Bonne visite
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