Malgré une mauvaise réputation qui n’incite pas au tourisme, Mantes-la-Jolie offre tout de même de belles surprises à celui qui prend le temps de la découvrir. Certes, il ne faut pas ignorer les faits divers anxiogènes régulièrement mis en avant par les médias, mais ils ne doivent pas pour autant reléguer toute une ville au ban des endroits à éviter à tout prix.
Mantes-la-Jolie dispose d’un centre-ville avenant regroupé autour d’une collégiale qui n’a rien à envier aux cathédrales d’Île-de-France tant elle leur ressemble à plus d’un titre. Et puis, il y a le vieux pont immortalisé par Corot, une très jolie église romane et, pour ceux qui aiment la randonnée, la possibilité de partir sur le GR qui longe la vallée de la Seine en direction de Giverny.
Bref, Mantes-la-Jolie, qui est très bien desservie depuis Paris, mérite qu’on s’y intéresse, même si la ville est loin de faire partie des sites les plus visités d’Île-de-France …

Comment venir à Mantes-la-Jolie
Voici les solutions pratiques pour rejoindre Mantes-la-Jolie quand on n’a pas de voiture.
En train :
En train TER (compter environ 40 minutes de temps de parcours depuis Paris Saint-Lazare pour un trajet de 57 km) :
En train Transilien (ligne J) en passant soit par Conflans-Sainte-Honorine, soit par Poissy qui est le trajet le plus court, mais, à la différence des TER qui sont sans arrêts, ils desservent beaucoup de gares.
En covoiturage
Le covoiturage peut être une solution pratique pour rejoindre Mantes-la-Jolie.
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Informations pratiques pour visiter Mantes-la-Jolie
Si vous souhaitez visiter Mantes-la-Jolie, voici tout ce qu’il faut savoir pour profiter pleinement de votre séjour : plans de la ville, durée, marché, bonnes adresses où manger, transport et météo.
Office de tourisme de Mantes-la-Jolie et plans de la ville
Le point information tourisme se trouve près de la cathédrale, soit à 1,2 km de la gare SNCF.
👉 Voir le plan de Mantes-la-Jolie sur OpenStreetMap
👉 Consultez la carte détaillée de Mantes-la-Jolie et ses environs sur « Carte.gouv.fr »
Combien de temps faut-il pour visiter Mantes-la-Jolie ?
Une demi-journée suffit pour découvrir tranquillement la ville.
Le grand marché de Mantes-la-Jolie
Le marché en plein air se tient tous les mercredis et samedis matin, dans le centre-ville, de 7 h 30 à 13 h.
Où profiter d’un bon repas à Mantes-la-Jolie ?
- Ma P’tite Cocotte, située 26 place Saint-Maclou
- « Rive Gauche » au 1 rue du Fort, qui est une adresse plus gastronomique
Transport en commun
La gare étant un peu éloignée du centre-ville, il peut être pratique de prendre le bus.
La gare routière se trouve sur le parvis de la gare et les bus sont fréquents.
💡 Bon à savoir : la carte Navigo est valable pour tous les bus en Île de France
Météo à Mantes-la-Jolie
👉 Consultez les prévisions météorologiques pour préparer votre visite
Que voir à Mantes-la-Jolie : les lieux incontournables
Voici un itinéraire à pied pour découvrir les principaux sites de Mantes-la-Jolie, en effectuant une boucle de plus de 8 km depuis la gare. Bien sûr, il est possible d’utiliser les transports en commun et surtout de raccourcir le trajet en ne se rendant pas à l’église de Gassicourt, mais ce serait dommage.
📍 Les principales étapes du parcours :
Gare SNCF → square Gabrielle-d’Estrées → rue Baudin → place du Marché au Blé → tour Saint-Maclou → collégiale Notre-Dame → rue du Fort (Porte au Prêtre) → Quai des Cordeliers → passerelle Mantes-Limay → île aux Dames → vieux pont de Limay → pont neuf de Mantes → chemin de halage → lac des Pêcheurs → église Sainte-Anne de Gassicourt → gare SNCF.
La collégiale Notre-Dame
Eh bien non, malgré sa ressemblance avec les cathédrales, ce n’en est pas une, car le siège de l’évêché se trouve à Versailles ! Il s’agit d’une collégiale.
Son édification débute vers 1155 dans une période qui correspond aux constructions des cathédrales de Laon, Senlis et Paris d’où certaines similitudes avec ces édifices. Son style est donc celui du gothique primitif. Elle est bâtie avec de la pierre de Vernon et de la craie blanche de Rouen.
Quelques chiffres : 67,7 m de longueur et 29,9 m de hauteur sous voûte
À voir à l’extérieur :
– la façade occidentale avec ses trois portails dont certaines sculptures ont été bûchées à la Révolution :
- celui de gauche est le plus ancien (vers 1175) : il représente la résurrection du Christ.
- le tympan de celui du centre (1170 – 1180) illustre le couronnement de la Vierge.
- celui de droite, surmonté d’un gâble, a été réalisé vers 1300; il est encore appelé « portail des Échevins » – il a été financé par ces derniers – et on peut y voir des scènes de l’enfance du Christ et des scènes de la Passion.


– les tours hautes de 54,4 m.
Celle du nord (13e siècle) a été refaite au 19e siècle car elle menaçait de s’effondrer. Alors que c’était la plus ancienne des deux tours et qu’elle était donc différente de sa voisine, l’architecte mantais Alphonse Durand, qui était un élève de Viollet-le-Duc, voulut qu’elle ressemble à la tour sud élevée au 15e siècle. Il a aussi fait rajouter une galerie de colonnettes entre les deux.
– la toiture avec ses tuiles vernissées et sa curieuse décoration. Regardez bien ! En fait, il s’agit de croix potencées qui sont les armes de Thibaut de Champagne qui aurait participé à son financement.

Il faut se rendre sur l’île aux Dames pour profiter de la plus belle vue sur la collégiale.

À voir à l’intérieur :

– la splendide rosace de 8,5 m de diamètre de la façade occidentale créée entre 1215 et 1225, ce qui en fait une des plus anciennes de France. Le médaillon central qui représente le Christ juge accompagné d’anges est entouré de 24 autres médaillons illustrant des scènes du Jugement dernier. Les couleurs rouge et bleu sont dominantes.

– l’orgue Merklin qui se trouve dans les tribunes au-dessus du bas-côté nord fut assemblé par le facteur d’orgues Joseph Merklin en 1897.
– la statue polychrome de la Vierge à l’enfant du 14ème siècle dans le bas-côté nord

– les chapelles rayonnantes rajoutées à la fin du 13e – début du 14e siècle autour du chœur.
– la chapelle Royale de Navarre réalisée entre 1354 et 1362 à l’entrée du chœur, côté sud; on peut y voir 4 statuettes datant du 14e siècle ainsi que des vitraux du 14e siècle.

Statuettes du 14e siècle représentant Jeanne de Navarre et Jeanne de France

Les vestiges de remparts
- dans le square Gabrielle d’Estrées
On peut encore voir plusieurs vestiges des anciennes fortifications de Mantes.

- la poterne dite de la « Porte au Prêtre »
Elle est accessible soit par le quai des Cordeliers, soit par la rue du Fort qui lui est parallèle.


- l’échauguette du quai des Cordeliers :
Elle est à 100 m de la Porte au Prêtre en remontant la Seine.

- la tour Saint-Martin (12e siècle) au n°44 de la rue des Martraits :
Rachetée par la ville, elle va être restaurée et rendue visible car, actuellement, elle se trouve sur un terrain dont l’accès est souvent fermé par un portail. En continuant la rue en direction de la Seine, on peut voir un bout de rempart en face de l’école Notre Dame.

Ne pas hésiter à se promener dans l’ancien quartier entourant la collégiale qui a conservé le parcellaire médiéval malgré la reconstruction d’après guerre.


Des constructions remarquables
- une maison à pans de bois rescapée des bombardements de 1944 dans la rue de la Gabelle.

- l’hôtel-Dieu qui date de 1675 et qui se trouve à proximité de la collégiale.
Il a été transformé en musée qui abrite notamment la collection permanente du peintre néo-impressionniste Maximilien Luce ainsi que le dépôt lapidaire et vitraux provenant de la collégiale.

- la tour Saint-Maclou haute de 45 m et la place du Marché au Blé
C’est un ancien clocher du 16e siècle qui faisait partie d’une église édifiée au 11e siècle qui a été détruite après la Révolution car elle menaçait ruine.


- les hôtels particuliers du 17e et 18e siècles dans la rue Baudin dont ceux de Vendôme et de Mornay

Le vieux-pont de Limay (1162)
Pour le contempler, il faut se rendre sur le « pont neuf » de Mantes en direction de Limay.
Il faisait partie d’un ensemble de 3 ponts (37 arches en tout) qui reliait Limay à Mantes qui avait été construit en pierre à la demande du roi Philippe Auguste. C’est donc l’un des plus anciens ponts de France.
Le peintre Jean-Baptiste Corot l’a immortalisé en 1868 et le tableau est exposé au Louvre.
Ce sont les soldats français qui l’ont détruit le 9 juin 1940 pour retarder l’avance allemande en 1940 en dynamitant deux de ses arches. En 2026, il a été rouvert au passage des piétons et des cyclistes grâce à la mise en place d’une passerelle permettant de relier les deux parties du pont.

Le chemin de halage
Du pont neuf jusqu’au lac des Pêcheurs, l’ancien chemin de halage a été aménagé en une belle promenade longeant la Seine. Mon itinéraire le suit sur une distance d’environ 2,3 km avant de bifurquer sur la gauche en empruntant un petit escalier pour traverser la voie de berge et gagner le chemin de l’autre côté, qui longe la rive est du lac des Pêcheurs. Il faut ensuite traverser un lotissement pour rejoindre l’église Sainte-Anne de Gassicourt.


L’église Sainte-Anne de Gassicourt
Elle se situe à 3,1 km de la collégiale Notre-Dame par les bords de Seine et à seulement 1,7 km de la gare SNCF, comme je le propose dans mon circuit. Je vous conseille d’aller la voir pour son portail roman, ses vitraux aux magnifiques couleurs et ses stalles ornées de miséricordes sculptées. C’est un peu la merveille cachée de Mantes-la-Jolie !
Pour y aller, il est aussi possible d’emprunter un bus.
Elle a été bâtie au début du 12e siècle et plusieurs fois remaniée depuis.

À voir à l’extérieur, le beau portail roman de la façade occidentale surmonté de figures grotesques et d’une roue de la fortune.


À voir à l’intérieur :
- les vitraux des 13e et 14e siècles
- des traces de fresques du 14e siècle sur les murs du transept
- les chapiteaux
- les 32 stalles en chêne de la fin du 15e siècle et surtout leurs miséricordes



Pour revenir à la gare, gagnez la rue de Gassicourt que vous remontez sur 1 km avant de tourner à droite et de suivre la rue Pierre-Toutain, puis la rue de la Paix jusqu’à la gare SNCF.
Brève histoire de Mantes-la-Jolie
Avant de terminer cette découverte, voici quelques grandes dates pour comprendre l’histoire de Mantes-la-Jolie :
911 : traité de Saint-Clair sur Epte qui fonde le duché de Normandie et qui fait de Mantes une « ville frontière » du domaine royal.
1077 : le roi Philippe Ier s’empare des biens du comte du Vexin qui a décidé de consacrer sa vie à Dieu et qui n’a pas de descendant. Ainsi, Mantes est rattachée au domaine royal ce que n’accepte pas le duc de Normandie qui revendiquait aussi le Vexin.
1087 : Guillaume le Conquérant attaque Mantes.
1110 : le roi Louis VI octroie à Mantes le statut de commune ce qui lui permet d’avoir plus d’autonomie.
Au 12e siècle, Mantes s’entoure de remparts.
Vers 1196 : fondation d’un hôtel-Dieu.
14 juillet 1223 : mort de Philippe Auguste à Mantes.
La ville prospère grâce à la Seine – tous les mariniers doivent s’acquitter d’une taxe – et aux vignobles qui l’entourent.
1351 : Charles « le Mauvais », roi de Navarre, devient comte de Mantes et de Meulan (suite à l’échange des comtés de Brie et de Champagne).
7 avril 1364 : Charles V fit reprendre la ville par Du Guesclin car les Navarrais étaient alliés aux Anglais depuis 1356.
5 février 1419 : la ville est prise par les Anglais.
26 août 1449 : les Français libèrent la ville.
Fin 16e siècle : renforcement des remparts.
1591 – 94 : Henri IV se rend fréquemment à Mantes qui se situe à mi-chemin entre Paris et Rouen qui sont des villes aux mains des Ligueurs qui refusent l’accession au trône d’un protestant. Il y retrouve sa maîtresse Gabrielle d’Estrée qui va le convaincre d’abjurer.
Sous Louis XV, démolition des remparts car Mantes ne présente plus aucun intérêt défensif.
1843 : inauguration de la ligne de chemin de fer Paris – Rouen.
1930 : la commune de Gassicourt est rattachée à Mantes qui devient Mantes-Gassicourt.
20 avril 1944 : début des bombardements alliés.
30 mai 1944 : les Américains bombardent le pont de Mantes mais une partie du centre-ville est détruit.
19 août 1944 : entrée des soldats américains à Mantes.
Les bombardements ont causé la mort de plus de 400 civils et entraîné de nombreuses destructions.
1953 : le nom de Mantes-Gassicourt est abandonné au profit de Mantes-la-Jolie grâce à une légende, celle de l’envoi d’un courrier du roi Henri IV à Gabrielle d’Estrées résidant à Mantes dans lequel il écrivait : « Je suis à Mantes, ma Jolie…».
Bonne visite.
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