Figeac, c’est un peu le joyau médiéval caché du Lot. On connaît surtout cette ville comme le lieu de naissance de Champollion, mais beaucoup moins pour la richesse de son patrimoine architectural médiéval. Et pourtant, lorsqu’on visite la vallée du Lot, Figeac constitue une étape incontournable. Cette cité a connu une grande prospérité économique durant les deux siècles qui ont précédé la guerre de Cent Ans. D’ailleurs, partout dans les rues du centre historique, elle en garde des traces bien visibles, notamment à travers ses belles maisons de marchands arborant des façades en grès de style roman ou gothique. Alors, sans plus tarder, partons à la découverte de Figeac.


Comment venir à Figeac :
Voici les solutions pratiques pour rejoindre Figeac quand on n’a pas de voiture :
En train :
Compter environ plus de 6 h de trajet depuis Paris Austerlitz (590 km) avec un changement en cours de route, sauf si vous empruntez le train de nuit Paris – Rodez. Cette ligne dessert la gare de Rocamadour-Padirac.
👉 Horaires des trains pour Figeac
En autocar depuis Cahors
Emprunter la ligne d’autocar n°889 Cahors – Figeac qui dessert Saint-Cirq-Lapopie
👉 Horaires de la ligne 889 – Figeac > Cahors
(Sélectionnez le département du Lot puis cliquez sur la ligne n°889)
En covoiturage
Le covoiturage est une bonne option pour se déplacer.
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Informations pratiques pour visiter Figeac
Si vous souhaitez visiter Figeac, voici tout ce qu’il faut savoir pour profiter pleinement de votre séjour : plans de la ville, durée de visite, marché, hébergement, bonnes adresses où manger et météo.
Office de tourisme de Figeac et plans de la ville
L’office de tourisme se trouve sur la place Vival, dans l’Hôtel de la Monnaie, à environ 800 m à pied de la gare SNCF.
👉 Consultez le plan du centre-ville distribué par l’office
👉 Télécharger le circuit découverte « les clés de Figeac »
👉 Voir le plan de Figeac sur OpenStreetMap
👉 Consultez la carte détaillée de Figeac et ses environs sur Géoportail
Combien de temps faut-il pour visiter Figeac ?
Une demi-journée suffit, sauf si vous souhaitez visiter des musées. Dans ce cas, prévoyez une journée entière.
Où dormir à Figeac ?
J’utilise Booking.com pour repérer des hébergements qui me plaisent, puis je contacte directement l’établissement (hôtel, chambre d’hôtes, etc.) pour leur demander s’ils proposent un meilleur tarif en réservant en direct, sans passer par la plateforme, ce qui évite le paiement de la commission !
Si vous recherchez un bel hôtel, pensez au Viguier du Roy, au cœur du centre historique de Figeac.
Le marché de plein air de Figeac
Il a lieu tous les samedis matin sur la place Carnot, sous et autour de la halle, de 8h00 à 12h30. Vous pourrez en profiter pour y découvrir les produits du terroir.
Découvrir les spécialités locales de Figeac et de ses environs
- Le foie gras de canard
- Le Rocamadour AOP
- Les noix du Périgord
- Le Pastis quercynois (gâteau traditionnel)
- Les vins des Coteaux du Quercy
Quelques bonnes adresses de restaurants et de bars figeacois :
- Les Anges Gourmands au n°4 de la rue Séguier (prix modérés)
- Le Safran au n°17 de la rue de Clermont (prix moyens)
Pour prendre un verre dans un cadre sympa, il y a les places Champollion, où se trouve une véritable institution, le Champo, et Carnot.
Météo à Figeac
👉 Consultez les prévisions météorologiques pour préparer votre visite

Que voir et que faire à Figeac
La loi du 4 août 1962 (loi Malraux) a permis à la municipalité de mettre en place un secteur sauvegardé* qui permet de sauver et de mettre en valeur le patrimoine bâti historique tout en l’adaptant aux évolutions de la vie contemporaine. Celui-ci a été créé en 1986 et couvre un périmètre de 33 hectares qui recouvre le centre historique ainsi que les faubourgs du Pin, d’Anjou et une partie de celui de Saint-Martin. Le plan de sauvegarde et de mise en valeur a été approuvé en 1999.
* En application d’une loi du 7 juillet 2016, le terme « secteur sauvegardé » a été remplacé par celui de « site patrimonial remarquable ».
Figeac est aussi labellisée ville d’art et d’histoire depuis 1990.
Découvrir la ville, c’est surtout flâner dans les rues du centre historique. L’office de tourisme propose un circuit découverte, dont la plaquette est vendue quelques centimes d’euros (voir ci-dessus). Sinon, suivez simplement les indications dans les rues ou bien perdez-vous dans le dédale des ruelles pour mieux saisir le caractère de la ville.






L’église Notre-Dame-du-Puy
Édifiée sur la colline (puy), elle conserve des parties anciennes remontant au 12e siècle. Après les guerres de Religion, elle fut en partie reconstruite et profondément remaniée au 17e siècle.
Une légende raconte que la Vierge aurait fait paraître à cet endroit une aubépine fleurie en plein hiver ….
À voir à l’intérieur, l’immense retable baroque, réalisé au 17e siècle, qui occupe une grande partie du chœur.
Depuis le parvis, on peut profiter d’une belle vue sur le vieux Figeac.



L’église Saint-Sauveur
Bâtie entre le 11e et le 13e siècle (nef des 11e et 12e, transept et chœur gothique du 13e), constitue aujourd’hui, avec la salle capitulaire, l’un des rares vestiges de l’ancien monastère fondé en 838 par Pépin Ier d’Aquitaine. Incendiée par les protestants en 1577, elle a été reconstruite après les guerres de religion.
Ses dimensions en quelques chiffres : 60 m de longueur, 14 m de largeur et 21 m de hauteur sous voûte dans la nef.


À voir à l’intérieur dans le bras sud du transept : la chapelle Notre-Dame-de-Pitié, qui a été aménagée dans l’ancienne salle capitulaire du 13e siècle et dans laquelle des boiseries de style baroque ont été ajoutées au 17e siècle.

Des édifices civils remarquables
Malgré les vicissitudes du temps, Figeac a la chance d’avoir conservé un patrimoine architectural de style roman et gothique, en grande partie construit en grès à l’époque où la ville connaît une grande prospérité, entre le 12e et le 14e siècle. Après la guerre de Cent Ans, le pan de bois sera davantage utilisé, avant que ne vienne le temps des hôtels particuliers.
Ce qui est tout de même surprenant, c’est de découvrir que, dans cette partie de la France qui n’était pas située le long des grandes routes commerciales et qui se trouve dans une région au relief plutôt difficile, Figeac dispose d’un patrimoine aussi riche en maisons marchandes. Comme à Cahors, certains commerçants ont donc été capables d’étendre leurs affaires très loin de leur base, jusqu’aux grands centres commerciaux du Midi et au-delà, et de faire fructifier leur capital.
– L’Hôtel de la Monnaie (place Vival) :
Malgré son nom, il ne s’agissait pas d’un atelier où l’on frappait monnaie, mais d’une riche maison de marchand. Édifiée au 13e siècle (vers 1250), elle comprenait, au rez-de-chaussée, la boutique, au premier étage, la salle de vie et de réception, et au dernier étage, la galerie ouverte appelée soleilho qui permettait de stocker des marchandises mais aussi de faire sécher des fruits, des peaux, etc ….
De nos jours, il accueille l’office de tourisme.

– Le Palais Balène au n°7 de la rue de la Balène
La construction de cet hôtel particulier date du14e siècle. Il témoigne de la richesse de Figeac au Moyen Âge.


– La commanderie des Templiers au n°41 de la rue Gambetta :
Aussi appelée « Hôtel Médiéval », car des doutes subsistent sur la présence des Templiers, c’est un bâtiment dont l’origine remonte au 13e siècle et qui peut se visiter (accès payant).
👉 Site officiel de la commanderie

– L’hôtel de Jacques, dit Galiot, de Genouillac au n°12 de la rue Roquefort :
Jacques de Genouillac, dit Galiot, fit transformer une bâtisse médiévale en « palais » urbain. Il est facilement reconnaissable à sa tourelle d’angle en surplomb.
– La place Champollion :
- La maison du Griffon
Datée du 12e siècle (vers 1175) et construite en grès, c’est la plus ancienne habitation de Figeac bien qu’elle ait subi plusieurs remaniements par la suite.

- La maison avec sa grande façade gothique du 14e siècle

– L’Hôtel du Viguier du Roy* :
Situé au 52 rue Emile Zola, une partie des bâtiments remonte au 12e siècle. Aujourd’hui, il abrite un hôtel-restaurant 4 étoiles et la cour intérieure n’est malheureusement pas accessible, sauf dans le cadre d’une visite guidée.
* le viguier était un représentant du roi en province, une sorte de préfet.


– Le pontet de l’hôtel Laporte dans la rue Malleville


– L’hôtel de Crussol aux 3-5 rue de Crussol :
Cet hôtel particulier date du début du 17e siècle.

– L’hôtel de Cisteron (16e siècle) sur la place Carnot :
Lui aussi possède une tourelle d’angle en surplomb

– La rue Caviale :
Elle a le caractère typique d’une artère médiévale.

Le musée Champollion – écritures du monde
C’est un incontournable lors d’une visite de Figeac. En décembre 1986, la maison natale de Champollion ouvre ses portes au public. En juillet 2007, le musée s’agrandit avec l’adjonction du bâtiment voisin afin de raconter l’aventure des écritures du monde, depuis les tablettes d’argile de l’époque sumérienne (vers 3 000 ans avant J.-C.) jusqu’à l’écriture numérique actuelle.
👉 Site officiel du Musée Champollion – Les Écritures du Monde
À proximité, sur la place des Écritures, il y a l’œuvre de l’artiste américain Joseph Kossuth qui rend hommage au savant figeacois. Il s’agit de la reproduction géante de la pierre de Rosette * qui recouvre une partie du sol depuis 1991.
* C’est le fragment de la stèle de l’Egypte antique trouvée à Rosette (ville située dans le delta du Nil) qui a permis à Champollion de décrypter les hiéroglyphes car il y avait dessus trois versions du même texte, l’une en démotique et les deux autres en hiéroglyphe et en grec.


Les salons du collège du Puy / Le musée d’histoire
Si vous avez du temps, allez visiter les salons aux décors baroques de l’appartement qu’occupait le supérieur du séminaire dans une maison du 17e siècle située près de l’église Notre-Dame-du-Puy.
👉 Site officiel du musée d’histoire de Figeac
Les fortifications
Il ne reste que trois tours et une centaine de mètres de courtine qui sont visibles le long de la rue du Champ de Saint-Barthélémy.
Figeac à travers les siècles : repères historiques
Figeac, ville de 9 793 habitants (chiffre INSEE de 2023), possède une histoire particulièrement riche. Pour mieux la comprendre, voici quelques repères historiques marquants :
838 : fondation d’une abbaye par des moines bénédictins venus de Conques.
Peu à peu, une ville va se créer tout autour.
Au 9e siècle, le Quercy devient un comté.
1096 : le pape rattache l’abbaye de Figeac à Cluny.
Entre le 12e et le 14e siècle, la cité connaît une grande prospérité qui permet aux marchands – on les retrouve en Italie – de se faire construire de belles maisons en grès. Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette croissance économique : la situation géographique de Figeac à la croisée de plusieurs routes commerciales, la proximité des rivières navigables du Célé et du Lot qui permettent de transporter des marchandises jusqu’à Bordeaux, la présence d’une abbaye qui joue un rôle protecteur sur la ville, le passage des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle, etc …
1271 : à la mort d’Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse, le Quercy est rattaché au domaine royal.
Février 1302 : l’abbé de Figeac, Bérenger, abandonne au roi Philippe le Bel la justice de la ville mais conserve celle du monastère.
1318 : le roi accorde des privilèges à la ville.
1337-1453 : durant la guerre de Cent Ans, le Quercy est une zone de contact entre les armées françaises et anglaises.
1342 : le roi de France ordonne aux consuls de fortifier la ville.
1348 : épidémie de peste.
1360 : lors du traité de Brétigny, un quart du territoire français dont le Quercy est cédé au roi d’Angleterre.
1361 : épidémie de peste.
1369 : reprise du conflit et, la même année, les Anglais échouent à s’emparer de Figeac.
14 octobre 1371 : alliés aux Anglais, des « routiers », commandés par deux capitaines français Bertrucat d’Albret et Bernard de la Sale s’emparent de Figeac qu’ils pillent.
24 juillet 1373 : les « routiers » évacuent la ville après avoir reçu une énorme rançon versée par les Français.
17 juillet 1453 : la bataille de Castillon marque la fin de la guerre de Cent Ans.
22 décembre 1576 : les protestants s’emparent de la ville et y commettent des massacres; elle va devenir une place de sûreté.
1622 : la ville est restituée aux catholiques.
18e siècle : commencement de la destruction de l’enceinte.
23 décembre 1790 : naissance de Jean-François Champollion.
1862 : arrivée du chemin de fer.
1918 : Paulin Ratier implante l’entreprise qui porte son nom à Figeac et qui finira par se spécialiser dans la fabrication d’hélices et d’équipements de cockpit d’avions un siècle plus tard.
11 novembre 1942 : les Allemands envahissent la zone libre
12 mai 1944 : la division SS « Das Reich » rafle environ 450 personnes à Figeac, dont 8 femmes, pour se venger des actions de la Résistance et contrer l’échec du STO.
26 juillet 1944 : les Allemands quittent Figeac.
1989 : création de Figeac Aero, autre sous-traitant de l’aviation.
Dans les années 2000, du fait du nombre important d’entreprises et de salariés implantés dans la région, on commencera à parler de la « Mécanic vallée » et Figeac en fait partie.
Quelques informations complémentaires concernant Figeac
Le GR 65 ou le chemin de Compostelle
Le chemin de Saint-Jacques de Compostelle traverse Figeac en direction de Cajarc et Cahors. Il s’agit de la Via Podiensis qui prend son origine au Puy en Velay. Il faut savoir que, en 1998, l’UNESCO a classé des monuments qui longent ces chemins au patrimoine mondial et, à Figeac, l’Hôpital Saint-Jacques en fait partie, bien qu’il ne reste plus rien de l’époque où il a été construit. Au Moyen Âge, il servait à dispenser des soins aux pèlerins qui en éprouvaient le besoin lors de leur étape dans la cité.

La vallée du Lot
Bien que ce soit le Célé qui coule à Figeac, la vallée du Lot est toute proche, à moins de 10 km de la ville. Au Moyen Âge et jusqu’à l’arrivée du chemin de fer, le transport des marchandises s’effectuait principalement par voie d’eau. Le Célé était navigable, mais il présentait davantage d’obstacles naturels que le Lot. Ce dernier constituait donc une voie de transport plus facile, et le port de Capdenac, facilement accessible par voie terrestre depuis Figeac, permettait de rejoindre la voie fluviale du Lot. Celle-ci permettait ainsi d’acheminer vers Bordeaux des céréales, du vin, du safran, du cuir, des textiles, du bois, etc. Les marchandises étaient ensuite transbordées des gabarres sur des bateaux de haute mer. Au retour, les bateaux rapportaient notamment du sel, des métaux comme le cuivre et l’étain, du poisson séché, des produits de luxe et des draps flamands.
Bonne visite de Figeac
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